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Diocèse de Blois

31e dimanche A - 5 novembre 2017

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1ère lecture : Ml 1, 14b ; 2, 2b.8-10
Je suis un grand roi – dit le Seigneur de l’univers –, et mon nom inspire la crainte parmi les nations. Maintenant, prêtres, à vous cet avertissement : Si vous n’écoutez pas, si vous ne prenez pas à cœur de glorifier mon nom – dit le Seigneur de l’univers –, j’enverrai sur vous la malédiction, je maudirai les bénédictions que vous prononcerez. Vous vous êtes écartés de la route, vous avez fait de la Loi une occasion de chute pour la multitude, vous avez détruit mon alliance avec mon serviteur Lévi, – dit le Seigneur de l’univers. À mon tour je vous ai méprisés, abaissés devant tout le peuple, puisque vous n’avez pas gardé mes chemins, mais agi avec partialité dans l’application de la Loi. Et nous, n’avons-nous pas tous un seul Père ? N’est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés ? Pourquoi nous trahir les uns les autres, profanant ainsi l’Alliance de nos pères ?

Commentaires :
Rappelons que les prêtres dont il est question ici sont les desservants du Temple de Jérusalem, les « sacerdotes. » Au retour de l’Exil, ils vont prendre une grande importance puisqu’ils auront la responsabilité tant cultuelle que politique. (Attention : Dans l’église catholique romaine, en français, les prêtres sont des anciens, des « presbytres, » qui ont la responsabilité de la communauté.) Ce sont donc les prêtres du Temple de Jérusalem que vise Jésus en reprenant les critiques du prophète Malachie, en particulier dans la parabole des vignerons homicides (Mc 12,1-12). L’alliance dont il est question ici, est l’alliance conclue avec les prêtres ; dans la tradition sacerdotale, il y a l’alliance de Dieu avec Noé, c’est-à-dire toute l’humanité ; à l’intérieur de cette alliance, il y a l’alliance avec Abraham, c’est-à-dire avec Israël ; à l’intérieur de cette alliance, il y a une alliance particulière avec les prêtres (cf. Nb 25,10-13 ; Jr 33,19-21).
François Brossier

2ème lecture : 1 Th 2, 7b-9.13
Frères, nous avons été pleins de douceur avec vous, comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons. Ayant pour vous une telle affection, nous aurions voulu vous donner non seulement l’Évangile de Dieu, mais jusqu’à nos propres vies, car vous nous étiez devenus très chers. Vous vous rappelez, frères, nos peines et nos fatigues : c’est en travaillant nuit et jour, pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous, que nous vous avons annoncé l’Évangile de Dieu. Et voici pourquoi nous ne cessons de rendre grâce à Dieu : quand vous avez reçu la parole de Dieu que nous vous faisions entendre, vous l’avez accueillie pour ce qu’elle est réellement, non pas une parole d’hommes, mais la parole de Dieu qui est à l’œuvre en vous, les croyants.

Commentaires :
Il est regrettable que les versets qui précèdent n’aient pas été retenus pour la lecture de ce dimanche :
05 Jamais, nous n’avons eu un mot de flatterie, vous le savez, jamais de motifs intéressés, Dieu en est témoin ; 06 jamais nous n’avons recherché la gloire qui vient des hommes, ni auprès de vous ni auprès d’autres personnes. 07 Alors que nous aurions pu nous imposer en qualité d’apôtres du Christ, au contraire, nous avons été pleins de douceur avec vous, comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons.
Jamais donc Paul n’a voulu s’imposer et encore moins être à charge des communautés qu’il fondait. On sait qu’il avait le métier de fabricant de tentes (Ac 18,3). Il a aussi été aidé par des communautés bien établies comme celle de Philippes (Ph 4,15-16). Une seule chose comptait pour lui : annoncer la parole de Dieu et faire en sorte qu’elle soit reçue comme telle et non comme sa propre parole dont il pourrait se glorifier
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François Brossier

Evangile : Mt 23,1-12
En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »

Commentaires :
Jésus ne conteste pas aux scribes pharisiens la qualité d’interprète de Moïse. Ce qu’il leur reproche, c’est l’hypocrisie. Ils rappellent en permanence tous les préceptes de la Loi de Moïse, mais eux-mêmes ne les appliquent pas ou trouvent des astuces pour les contourner. Ils se présentent comme des modèles mais ne le sont qu’en façade ; les phylactères (boîtes de cuir qui se portent sur le front et au poignet pendant la prière et qui contiennent quelques versets de la Bible) qu’ils choisissent sont surdimensionnés pour être bien vus ; de même pour les franges.
C’est pour éviter que les responsables d’Église tombent dans ces travers que l’évangéliste rapporte ces paroles où Jésus rappelle que nous n’avons qu’un seul maître, le Christ, qu’un seul Père, celui qui est aux cieux.
Dans l’optique du Royaume de Dieu, le meilleur titre pour tout responsable est celui de « serviteur ».

François Brossier