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Diocèse de Blois

Evangile du 8 janvier

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Evangile de l'Epiphanie

1ère lecture : Is 8, 23b – 9, 3
Dans un premier temps, le Seigneur a couvert de honte le pays de Zabulon et le pays de Nephtali ; mais ensuite, il a couvert de gloire la route de la mer, le pays au-delà du Jourdain, et la Galilée des nations. Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi. Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madiane.

Commentaire :
Les territoires cités ici correspondent à ceux qui, les premiers, ont été envahis par les Assyriens en 734-732. La naissance du roi Ézéchias à Jérusalem est une source d’espérance pour ces régions. Les ténèbres évoquent les malheurs et la lumière désigne le roi qui vient de naître, celui qui est désigné en Is 9,5ss. Le jour de Madiane rappelle la victoire de Gédéon (Jg 8).
Lorsque Matthieu reprend ce texte d’Isaïe, il livre la conviction des premiers chrétiens : pour la Galilée, la venue de Jésus est l’accomplissement de ce qu’annonçait Isaïe : Jésus est vraiment lumière des nations et libérateur.
François Brossier

2ème lecture : 1 Co 1,10-13.17
Frères, je vous exhorte au nom de notre Seigneur Jésus Christ : ayez tous un même langage ; qu’il n’y ait pas de division entre vous, soyez en parfaite harmonie de pensées et d’opinions. Il m’a été rapporté à votre sujet, mes frères, par les gens de chez Chloé, qu’il y a entre vous des rivalités. Je m’explique. Chacun de vous prend parti en disant : « Moi, j’appartiens à Paul », ou bien : « Moi, j’appartiens à Apollos », ou bien : « Moi, j’appartiens à Pierre », ou bien : « Moi, j’appartiens au Christ ». Le Christ est-il donc divisé ? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? Le Christ, en effet, ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile, et cela sans avoir recours au langage de la sagesse humaine, ce qui rendrait vaine la croix du Christ.

Commentaire : 
Chaque citoyen grec était attaché à tel ou tel bienfaiteur de la cité. À Corinthe, les chrétiens ont reproduit ce clientélisme en s’attachant à un prédicateur ou fondateur tout en rejetant ceux qui sont attachés à d’autres. Paul souligne le danger d’une telle division. On remarquera que Paul n’accuse pas Apollos ou Pierre et qu’il ne prétend pas avoir raison contre eux : pour lui tous les prédicateurs (dont lui) ne sont que des serviteurs. Seul l’attachement au Christ est source de salut et non l’attachement à un homme si prestigieux soit-il.
François Brossier

Evangile : Mt 4,12-23
Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations ! Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée. À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent. Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

Commentaire :
Pour Matthieu, l’arrestation de Jean Baptiste marque la fin de l’époque des prophètes et le véritable début de la mission de Jésus. Le fait que celui-ci commence son ministère en Galilée est pour lui l’accomplissement d’un passage du livre d’Isaïe qui annonçait aux tribus de l’extrême nord d’Israël asservie par les Assyriens, les tribus de Zabulon et de Nephtali, une libération prochaine. Il s’agissait d’une région proche des territoires païens, surnommé le carrefour des païens. De même que Matthieu avait vu dans la visite des mages, l’annonce de l’évangélisation des païens, de même le fait que Jésus prêche en Galilée, terre de brassage de populations, anticipe l’ouverture aux païens ; une lumière s’est levée pour eux, la lumière de Jésus Christ.
L’appel des premiers disciples à la suite de la proclamation de la proximité du Royaume des cieux indique que Jésus veut les associer à l’évangélisation. L’image de pêcheurs d’hommes doit se comprendre dans le fait que, pour le judaïsme ancien, la mer est le symbole des puissances de mort. Arracher les hommes au monde des ténèbres sera la mission des disciples à la suite du Christ.
François Brossier