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Diocèse de Blois

25e dimanche A - 24 septembre 2017

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1ère lecture : Is 55, 6-9

Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ; invoquez-le tant qu’il est proche. Que le méchant abandonne son chemin, et l’homme perfide, ses pensées ! Qu’il revienne vers le Seigneur qui lui montrera sa miséricorde, vers notre Dieu qui est riche en pardon. Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins, – oracle du Seigneur. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

Commentaire :

Au moment où les Israélites s’apprêtent à repeupler Jérusalem après le drame de l’Exil, le prophète presse les fidèles de se convertir et de faire confiance au pardon de Dieu. Celui-ci, en effet, ne réagit pas comme les hommes qui pensent plus à se venger qu’à se pardonner. Heureusement, ses pensées ne sont pas celles des hommes. L’illustration de cette différence entre les pensées des hommes et celles de Dieu est donnée dans l’évangile de ce jour.

François Brossier

2ème lecture : Ph. 1, 20c-24.27a

Frères, soit que je vive, soit que je meure, le Christ sera glorifié dans mon corps. En effet, pour moi, vivre c’est le Christ, et mourir est un avantage. Mais si, en vivant en ce monde, j’arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir. Je me sens pris entre les deux : je désire partir pour être avec le Christ, car c’est bien préférable ; mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire. Quant à vous, ayez un comportement digne de l’Évangile du Christ.

Commentaire :

Paul, sans doute prisonnier à Éphèse, se sait en grand danger. Mais il manifeste son embarras : d’un côté, il a hâte de partager pleinement la résurrection du Christ ; d’un autre côté, il se sent responsable des jeunes communautés qu’il a fondées et qu’il ne veut abandonner. Finalement, le choix ne dépend pas de lui : l’essentiel est de mener une vie digne de l’Évangile du Christ pour être prêt lors de la venue du Seigneur.

François Brossier

Evangile : Mt 20,1-16

En ce temps-là, Jésus disait cette parabole à ses disciples : « Le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. Et à ceux-là, il dit : ‘Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.’ Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : ‘Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?’ Ils lui répondirent : ‘Parce que personne ne nous a embauchés.’ Il leur dit : ‘Allez à ma vigne, vous aussi.’ Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : ‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.’ Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !’ Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : ‘Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?’ C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

 

Commentaire :

La parabole des ouvriers embauchés à la vigne n’a pas pour but de régler les problèmes actuels de salaires !

Jésus nous présente un portrait de Dieu, un Dieu dont les pensées ne sont pas les nôtres comme le dit le prophète Isaïe, un Dieu qui a la liberté d’être bon et ne mesure pas les êtres avec nos instruments de mesure.

Dans le judaïsme, on racontait une parabole proche de celle-ci :

Dans son éloge funèbre de Rabbi Bun, mort prématurément en 325, Rabbi Zeera disait :

« À quoi Rabbi Bun, fils de Rabbi Hiyah, est-il semblable ? À un roi qui avait engagé beaucoup d’ouvriers, et l’un de ces ouvriers était, dans son travail, plus diligent que nécessaire. Que fit le roi ? Il le prit comme compagnon pour se promener ça et là. Le soir venu, les ouvriers vinrent recevoir leur salaire, et il le paya autant qu’eux. Les ouvriers se plaignirent et dirent : ‘Nous avons travaillé toute la journée, et il a reçu le même salaire que nous’. Le roi répondit : ‘Cet homme a fait plus en deux heures que vous durant toute la journée’. Ainsi également, Rabbi Bun a fait plus pour la Loi en vingt-huit ans qu’un maître réputé n’est capable n’est capable d’en faire en cent ans. »

Rien de tel dans la parabole de Jésus : il n’y a pas de préséance. Celui qui a découvert la foi à 70 ans n’est pas défavorisé par rapport à ceux qui sont croyants depuis leur naissance. L’histoire du bon larron à la mort de Jésus en est une bonne illustration.

Il s’agit donc d’une bonne nouvelle : il n’est jamais trop tard pour rejoindre les ouvriers envoyés à la vigne.

En même temps, l’avertissement est clair pour les chrétiens de longue date : ils n’ont pas à se considérer comme ayant des droits sur Dieu et des prérogatives sur les nouveaux convertis.

François Brossier