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Le genre littéraire de l’apologie appartient-il vraiment à un passé révolu ? C’est la question que soulève le livre récent de l’académicien Jean-Luc MARION intitulé "Brève apologie pour un moment catholique".

12 SEPTEMBRE 2017

 

L’APOLOGIE EST-ELLE PÉRIMÉE ?

Le genre littéraire de l’apologie appartient-il vraiment à un passé révolu ? C’est la question que soulève le livre récent de l’académicien Jean-Luc MARION intitulé Brève apologie pour un moment catholique.

Qu’est-ce que l’apologie ? C’est un essai de présenter la foi chrétienne à ceux qui ne la partagent pas. Cet effort de présentation de la foi est demandé par la Parole de Dieu elle-même, comme nous le lisons dans la première épître de Saint Pierre : « Soyez toujours prêts à rendre raison de votre espérance devant ceux qui vous en demandent compte » (1 Pierre 3, 15). Cet effort a été celui de la toute première génération des Pères de l’Église, que l’on appelle pour cette raison les « Pères apologistes », et parmi lesquels le plus connu, peut-être, est saint Justin, ce professeur de philosophie qui vivait tout juste un siècle après le Christ et qui se convertit à la foi chrétienne en découvrant que la sagesse de l’Évangile laissait loin derrière elle toutes les sagesses humaines.

L’apologie n’est pas encore l’évangélisation, mais elle en prépare le chemin, et à ce titre, elle reste nécessaire à toutes les époques – même et peut-être surtout dans une époque comme la nôtre, dont les présupposés et les comportements s’éloignent de plus en plus de la foi chrétienne. Nous nous retrouvons bien souvent dans la même situation que les premières générations chrétiennes, suspectées de se mettre hors la loi dans une société païenne.

Pour répondre à ce soupçon, saint Justin utilisait l’argument de l’utilité : « Voyez, disait-il en substance, combien la présence des chrétiens dans une société contribue à la rendre plus humaine et plus soucieuse de la justice. Même si vous ne souhaitez vous-même pas devenir chrétiens, vous avez donc tout intérêt à laisser les chrétiens faire leur métier, pour le plus grand bien de la communauté des hommes. »

Cette argumentation est-elle périmée ? Elle ne l’est certainement pas, mais à condition que les chrétiens acceptent ce qui les singularise et soient déterminés à vivre sans « se modeler sur le monde présent » comme le dit l’apôtre Paul (Romains 12, 2). À nous de voir si vraiment nous le voulons. Et n’oublions pas que cela a valu à saint Justin de donner sa vie pour le Christ, montrant ainsi que le geste apologétique le plus décisif restera toujours celui du martyre.