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Diocèse de Blois

Chronique du 30 juin 2017

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DE CHARYBDE EN SCYLLA

Seuls les naïfs ou les tartuffes ont pu être étonnés, ou faire semblant de l’être, par l’avis du Comité national d’éthique du 27 juin en faveur de la PMA (procréation médicalement assistée) pour les couples de femmes. La décision était d’ores et déjà rendue certaine par l’arrivée au pouvoir dans la plupart des pays développés de gouvernants adhérant sans réserve à une idéologie libérale-libertaire de plus en plus hégémonique. Cette idéologie est fondamentalement marchande : l’argument de la marchandisation des êtres humains ne peut l’entamer, puisque c’est précisément cette marchandisation qu’elle vise. Elle est aussi transpartisane : non seulement elle s’accommode de l’alliance de la droite et de la gauche pour exercer le pouvoir, mais cette alliance même parachève son projet. Ce que la gauche promeut au nom de l’égalité, la droite le ratifie au nom de l’utilité : comment l’une et l’autre pourraient-elles durablement se contredire ?

La PMA, au mépris des droits de l’enfant, entérine la fiction selon laquelle un enfant serait né de deux femmes, et donc n’aurait pas de père. Comme le don de sperme, selon la loi française, ne peut être qu’anonyme, les enfants nés de la sorte seront à jamais privés par la loi du droit fondamental de connaître leurs origines. Sans parler du poids psychologique et humain sur lequel l’égoïsme des adultes exige de tirer un voile pudique en pratiquant le déni pur et simple.

Il y a plus. On peut être sûr maintenant que lorsque la PMA pour les couples de femmes sera légalement adoptée, les couples d’hommes revendiqueront à leur tour, au nom de l’égalité le droit à la GPA, cette monstruosité parée du nom altruiste de « gestation pour autrui », alors qu’il ne s’agit de rien d’autre que d’une instrumentalisation du corps humain, d’un marché aux esclaves qui ne dit pas son nom.

S’il n’y a plus rien au-dessus des droits des individus, nécessairement en conflit les uns avec les autres, c’est à de semblables aberrations qu’on en arrive. Oserons-nous dire que nous ne le savions pas ?