Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

s'inscrire à la newsletters'inscrire à la newsletter

 
Document Actions

« Celui qui revient du pèlerinage n’est plus le même que celui qui y est parti » : dans sa vie, il y a vraiment « un avant et un après ».

Ce que nous entendions depuis si longtemps sans le voir autrement qu’avec notre imagination, se déploie enfin devant nos yeux. 

 

écouter sur RCF 41

 

Blois, le 28 octobre 2016

 

Dans le pays de Jésus


Près d’une centaine de pèlerins du Loir et Cher sont rentrés aujourd’hui d’un périple de huit jours en Terre Sainte, que la majorité d’entre eux découvraient pour la première fois. Pour moi qui m’y suis déjà rendu à de nombreuses reprises, leurs réactions sont un grand motif de réflexion et d’action de grâces. Je voudrais vous partager quelques-unes de ces réactions.
Les lieux de Terre Sainte sont des lieux « habités », disent certains. Si on leur demande ce qu’ils veulent dire par là, ils répondent par exemple que les lieux visités font « parler les évangiles ». Un peu comme si, tout à coup, nous avions l’image avec le son : ce que nous entendions depuis si longtemps sans le voir autrement qu’avec notre imagination, se déploie enfin devant nos yeux. Si bien, ajoute un autre pèlerin, que « celui qui revient du pèlerinage n’est plus le même que celui qui y est parti » : dans sa vie, il y a vraiment « un avant et un après ». En rencontrant les lieux, il a rencontré le Christ.


Telle est bien la grâce de la Terre Sainte. Même si bien des choses ont changé depuis 2000 ans, et si la probabilité d’authenticité n’est pas la même selon les lieux, tout, dans cette Terre, nous rend visible l’Histoire du salut, ainsi que l’histoire humaine individuelle de Jésus, en qui s’accomplissent les promesses de Dieu.


Nous n’avons pas oublié pour autant de prendre le temps de regarder les habitants si éprouvés et si déchirés par les conflits qui meurtrissent cette terre. Nous avons écouté leur témoignage. Et nous avons constaté que ce qu’ils vivent ne nous éloigne pas de l’Écriture et des mystères de notre foi ; au contraire, cela nous y ramène sans cesse. Nous retrouvons en particulier la coupure fondamentale qui traverse l’Histoire du salut entre « le peuple » choisi par Dieu et « les nations », c’est-à-dire tous les autres. Dans la Bible, les nations sont multiples, mais le peuple est unique. Sa mission, au milieu du monde, est d’être porteur du Nom divin, et par le fait même d’être un signe de contradiction. Mais le choix de Dieu qui est à l’origine de cette mission reste toujours un don, et ne devient jamais un dû. C’est dire le grand danger spirituel que court le peuple juif lorsqu’il transforme le don en dû…


Jérusalem, dont le nom signifie la paix, paraît récapituler tous les conflits de l’univers. En tout lieu où Dieu se manifeste, il fait apparaître en même temps les contradictions et les péchés qui traversent le cœur des hommes. On peut y voir un cruel démenti à la force de conversion de l’Évangile, et être ébranlé dans sa foi. Mais là où le péché abonde, la grâce surabonde : elle prend la forme d’hommes et de femmes qui, très concrètement, s’engagent pour la paix et s’efforcent de bâtir des ponts là où d’autres élèvent des murs : signe qu’au cœur de la violence et du péché, les forces de la vie sont à l’œuvre, parce que le Prince de la paix a déjà remporté la victoire.