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C’est un article qui passe presque inaperçu dans les pages centrales du journal La Croix de ce jeudi 9 juin. Son titre : « Les "veilleurs" tentent de s’asseoir à Nuit debout »

Deux mouvements très proches, donc, dans leur intuition fondatrice, mais diamétralement opposés dans leur manière de concevoir ce qu’on pourrait appeler, pour faire bref, « l’écologie humaine ».

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                                                                                                                            Blois le 10 juin 2016

Paroles aux Eglises -  Dialogues de sourds
C’est un article qui passe presque inaperçu dans les pages centrales du journal La Croix de ce jeudi 9 juin. Son titre : « Les "veilleurs" tentent de s’asseoir à Nuit debout ». Son objet : la tentative d’Axel Rokwam, fondateur de ce mouvement, de venir dialoguer avec les sympathisants de Nuit debout, place de la République.

On se souvient que le mouvement des « veilleurs » a été fondé à l’époque de la lutte contre la loi dite du « mariage pour tous » et ses conséquences. Son principe de fonctionnement est très proche de celui de Nuit debout : devant les blocages de nos systèmes démocratiques et l’accaparement du pouvoir décisionnel par des oligarchies, il s’agit de réinventer une manière différente et pacifique d’exercer la responsabilité de citoyens, d’abord en favorisant une réflexion de fond et un dialogue exigeant, deux choses qui tendent à se raréfier dans les arènes du pouvoir politique.

Deux mouvements très proches, donc, dans leur intuition fondatrice, mais diamétralement opposés dans leur manière de concevoir ce qu’on pourrait appeler, pour faire bref, « l’écologie humaine ». Cette opposition de fond n’aurait aucune importance si, comme elle devrait le faire, elle allait de pair avec l’écoute et la confrontation. Or c’est tout le contraire qui se passe, et la vérité oblige à dire qu’en l’occurrence ce n’est pas le fait des « veilleurs », mais des autres.

Quelque chose d’analogue s’était produit l’an dernier autour du site de Notre-Dame des Landes, lorsque des écologistes chrétiens avaient voulu rallier les zadistes pour se joindre pacifiquement à leur combat. Le ralliement avait tourné au fiasco, les zadistes mettant pour une fois au vestiaire leur aversion naturelle pour les forces de l’ordre et faisant appel à la police pour « sortir » nos écolos chrétiens, sans même prendre la peine de les écouter.

Tout cela a quelque chose d’un peu décourageant. On se demande parfois si nos contemporains ont encore le courage de s’engueuler. Car s’engueuler, c’est déjà ne pas rester entre soi ; c’est se dire des choses, même si elles sont désagréables. L’engueulade est parfaitement compatible avec l’échange d’arguments, et pas seulement de noms d’oiseaux. Mais dire à l’autre « pour moi, tu n’existes pas », c’est quelque chose de redoutable. Cela fait craindre que nous n’allions vers une société de communautés et de réseaux dans laquelle personne ne parlerait à personne, et où la communication (pour ne pas dire la « com ») tuerait le dialogue. Car le dialogue, comme la prière, c’est d’abord une décision.