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Dans son livre qui vient tout juste de paraître, le Pape François déclare que la miséricorde est « la carte d’identité de Dieu ». La miséricorde est d’abord en Dieu la capacité de se laisser toucher, affecter par ce qui fait du mal à l’homme.

Dieu n’a pas, ne peut pas avoir idée du mal. Et c’est justement parce qu’il n’a pas idée du mal qu’il ne peut pas non plus cesser d’aimer le pécheur.

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                                                                                                                        Blois, le 29 janvier 2016

« La miséricorde, 2ère partie »

Dans son livre qui vient tout juste de paraître, le Pape François déclare que la miséricorde est « la carte d’identité de Dieu ».
Comme nous l’avons rappelé la semaine dernière, la miséricorde est d’abord en Dieu la capacité de se laisser toucher, affecter par ce qui fait du mal à l’homme. C’est ce que le Pape appelle la compassion.
Mais la miséricorde va plus loin que la compassion : elle a aussi la capacité de sauver l’homme de ce qui lui fait du mal, mais d’abord en s’exposant à ses assauts.

2/ Dieu s’expose volontairement aux assauts du mal
C’est Jésus, dit le Pape François, qui est « le visage de la miséricorde du Père ». Il va manifester sa miséricorde en sauvant l’humanité, mais il va le faire en commençant par s’exposer aux assauts du mal.

Vous connaissez la parabole dite « des vignerons homicides » (Matthieu 21, 33-41). En lisant cette parabole, on a l’impression que le maître de la vigne n’a aucun pressentiment de ce que vont faire les vignerons : quand ils maltraitent et tuent ses serviteurs, il est pris au dépourvu. Mieux encore : il leur envoie son fils unique en se disant, contre toute prudence : « ils respecteront mon fils »… Et, bien entendu, ils vont le tuer lui aussi.

Le maître, c’est Dieu. Comment Dieu peut-il être aussi inconscient ? Nous avons là une vérité très profonde : Dieu n’a pas, ne peut pas avoir idée du mal. Et c’est justement parce qu’il n’a pas idée du mal qu’il ne peut pas non plus cesser d’aimer le pécheur.

Si Dieu cessait d’aimer le pécheur, il se vengerait de lui. Mais si Dieu se vengeait, le mal aurait gagné la partie : Dieu se mettrait à penser selon la logique du mal, où la violence appelle toujours la violence.

C’est cela que l’esprit du mal ne peut pas comprendre. L’écrivain anglais C.S. Lewis le met en scène dans son livre Tactique du diable, et imagine ce qu’il dit : « Comment Dieu peut-il aimer les hommes ? Cela est impossible : il est un être à part ! Tout ce rabâchage sur l’amour doit couvrir tout autre chose. Pour les avoir créés et se donner tant de mal pour eux, il faut qu’il ait de bons motifs… [Mais] nous [les démons], nous avons complètement échoué dans notre enquête sur ses vrais motifs. Que pense-t-il faire avec eux ? C’est un problème insoluble ! »

Nous laisserons l’esprit du mal tenter de résoudre ce problème et continuerons à méditer sur la miséricorde la semaine prochaine.