Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

s'inscrire à la newsletters'inscrire à la newsletter

 
Document Actions

DE L’ANNÉE DE LA MISÉRICORDE À L’ANNÉE DU BIEN COMMUN ?

La récente déclaration du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France nous le rappelle : « Une société vivante ne peut pas être la simple addition d’intérêts ou d’accords particuliers"

 écouter sur RCF 41

                                                                                                                             Blois, le 16 juillet 2016

DE L’ANNÉE DE LA MISÉRICORDE À L’ANNÉE DU BIEN COMMUN ?

Avec l’arrivée de l’été, nous allons essayer de prendre un peu de repos, au soleil s’il daigne se montrer. Nous essaierons aussi de ne pas oublier que cette année est sous le signe de la miséricorde, et nous tenterons, même en vacances, de vivre la miséricorde par de petites pensées, paroles et actions concrètes que chacun aura la tâche d’inventer.
Ensuite, dans notre pays, débutera une année électorale. À vrai dire, elle a déjà débuté, et nous pouvons être sûrs qu’elle ne nous laissera aucun répit jusqu’au second tour des Législatives au mois de juin prochain. Après quoi, selon la bonne tradition française, la dégringolade des heureux élus dans les sondages – et d’abord du premier d’entre eux – prendra le relais de l’enthousiasme des soirs de victoire.

Mais voilà que je me prends à rêver, et je voudrais vous inviter à rêver avec moi. Je fais le rêve que dans notre pays l’année de la miséricorde puisse déboucher sur une année du bien commun.
Le bien commun, c’est la manière chrétienne de parler de ce qu’on appelle parfois « l’intérêt général ». Entre les deux, la différence est grande. La récente déclaration du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France1 nous le rappelle : « Une société vivante ne peut pas être la simple addition d’intérêts ou d’accords particuliers. Elle repose nécessairement sur la recherche du bien commun et la mise en œuvre de moyens de solidarité efficace. »

Dans ce document, intitulé 2017, année électorale, la recherche du bien commun s’articule en sept têtes de chapitre, que je commente à ma manière.
1/ D’abord, la démocratie, participation de tous à la vie publique, qui devrait rendre possible la fraternité en conjurant la violence.
2/ Ensuite, le nécessaire projet de société sans lequel la vie collective ne sait plus où elle va, et l’enthousiasme d’une construction commune fait place à la désespérance.
3/ En troisième lieu, le pacte éducatif, basé sur la confiance faite aux éducateurs, afin de ne pas mettre au monde des « héritiers sans testament ».
4/ Quatrièmement, la solidarité. Elle est comme la clef de voûte du bien commun, et elle atteste qu’il est authentiquement recherché. Pour cela, la détermination de tous est plus efficace que les dispositions règlementaires les plus sophistiquées.
5/ Cinquièmement, l’accueil des migrants : « tu aimeras l’étranger car vous avez été étrangers au pays d’Égypte » (Deutéronome 10, 19). Accueil qui va de pair avec la vraie recherche d’un enracinement culturel.
6/ Sixièmement le projet européen, qui, nous dit le texte, « ne peut se poursuivre ni se développer sans une véritable adhésion des peuples d’Europe », respectant davantage « le fait historique et culturel des nations qui composent le continent », ainsi que le principe de subsidiarité.
7/ Septièmement, le respect de la création : une écologie environnementale qui n’a de sens qu’appuyée sur une véritable écologie humaine.

Voilà qui peut donner à réfléchir aux différents candidats pour leurs longues soirées de vacances. Souhaitons-leur d’en tirer le meilleur parti possible.

1 déclaration du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France