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L' attitude de la Vierge Marie attendant la venue au monde de Jésus est devenue l’attitude de l’Église qui, dans les tourments de l’histoire et la longue patience des siècles, attend sa deuxième venue.

Comme Marie entre Nazareth et Bethléem, l’Église porte en elle son Seigneur, vivant et présent en son sein dans une grande petitesse et une infinie vulnérabilité, Lui qui est le Seigneur du ciel et de la terre.

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                                                                                                                      Blois, le 27 mai 2016

La fête du Corps et du Sang du Christ
En 1944, le compositeur Olivier Messiaen composait une œuvre pour piano intitulée Vingt regards sur l’Enfant Jésus. L’un de ces « vingt regards » porte un titre étonnant : la Première Communion de la Vierge.

De quoi s’agit-il ? De quelque chose d’assez différent, et pourtant de très proche, de ce que nous appelons la première communion. Messiaen imagine – et nous invite à imaginer – Marie à Nazareth après l’Annonciation. Elle a dit un oui sans réserve à la demande inouïe que Dieu lui a faite, et dès ce moment, dans sa maison, elle peut se recueillir et contempler en elle la présence de l’Enfant. Il est là tout petit, infiniment vulnérable, et sa présence est imperceptible au monde extérieur, mais toute mère prend très vite conscience qu’elle porte en elle une vie nouvelle, et Marie le sait, elle aussi. Elle le sait parce qu’elle croit à la parole de l’Ange ; elle le sait parce qu’elle perçoit cette transformation en elle, dans son corps, qui désormais abrite et nourrit la croissance du Corps de Dieu. En silence, elle le contemple. Et désormais, comme l’a écrit Pierre de Bérulle, la vie de la Vierge se déroule « de silence en silence, de silence d’adoration en silence de transformation ». Marie n’a désormais de plus grand désir et de plus sainte occupation que d’adorer cette présence : c’est ainsi qu’elle va « de silence d’adoration en silence de transformation », car l’adoration la façonne à l’image de Celui qu’elle adore.

Cette attitude de la Vierge Marie attendant la venue au monde de Jésus est devenue l’attitude de l’Église qui, dans les tourments de l’histoire et la longue patience des siècles, attend sa deuxième venue. Comme Marie entre Nazareth et Bethléem, l’Église porte en elle son Seigneur, vivant et présent en son sein dans une grande petitesse et une infinie vulnérabilité, Lui qui est le Seigneur du ciel et de la terre.

Voilà pourquoi la tradition chrétienne, dans son amour pour le Christ, n’a pu se contenter de la fête du Jeudi Saint, et y a ajouté ce qu’on appelait jadis la Fête-Dieu, la fête du Corps et du Sang du Christ. Le Jeudi Saint, l’Église fête un événement, l’institution de l’Eucharistie ; à la Fête-Dieu, elle s’émerveille d’une présence, celle de Jésus Eucharistie. Le culte rendu à la présence eucharistique atteste que le peuple chrétien demeure conscient de ce cadeau dont il est bénéficiaire. Ce dimanche, dans bien des églises, la célébration de la messe sera précédée ou suivie d’adorations ou de processions, hommage public rendu à ce grand mystère devant lequel défaillent les anges.

Je vous invite en particulier à Blois, à l’église saint Vincent : à 15 heures ce dimanche 29 mai, nous prierons devant le Saint Sacrement ; à 16 heures, nous organiserons une procession à l’extérieur de l’église. Ce sera en effet le dixième anniversaire à Blois de l’adoration permanente où se relaient de nombreuses personnes pour rendre grâce au Seigneur d’avoir tenu la promesse qu’il avait fait à ses apôtres : « je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 20).