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Le Christ nous demande d’aimer nos ennemis.

Aimer nos ennemis, c’est une exigence totalement impossible si nous l’abordons de manière frontale. Pour avoir l’espoir d’y arriver, il nous faut laisser le Seigneur changer progressivement notre cœur. 

 

Blois, le 15 janvier 2016

 

 « Aimer nos ennemis »

Le Christ nous demande d’aimer nos ennemis. Il nous demande précisément quatre choses : « aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous persécutent » (Matthieu 5, 43-45 ; Luc 6, 27-28).
Je recommande toujours de lire cette phrase à l’envers, en commençant par la fin. Aimer nos ennemis, c’est une exigence totalement impossible si nous l’abordons de manière frontale. Pour avoir l’espoir d’y arriver, il nous faut laisser le Seigneur changer progressivement notre cœur : nous nous en découvrons capables en commençant par prier pour eux. Je lis donc la parole de Jésus en sens inverse : d’abord prier pour les persécuteurs, ensuite leur souhaiter du bien, et enfin, avec la grâce de Dieu, arriver à les aimer.

Depuis quelques semaines, on entend beaucoup parler d’un groupe Facebook dont le nom est tout un programme : « adopte un soldat de Daech ». Il s’agit de prier en particulier pour un djihadiste du pseudo « État islamique », en demandant qu’il se convertisse à l’amour de Dieu.

La jeune femme à l’origine de cette initiative raconte qu’elle a vécu elle-même « un douloureux travail personnel » pour arriver à pardonner à des personnes qui lui avaient fait du mal. Certes, prier pour un djihadiste n’est pas la même chose que de pardonner à quelqu’un qu’on a connu, mais dans les deux cas, il s’agit de répondre à la haine par la prière ; et dans les deux cas, il s’agit de maintenir ou de créer un lien personnel, là où l’on voudrait surtout prendre le large et ne plus jamais entendre parler de quelqu’un qui nous apparaît détestable.

Prier pour quelqu’un, c’est décider, au contraire, de ne pas le lâcher, de penser à lui fréquemment, alors même qu’on voudrait le fuir. C’est surtout demander à Dieu de bonnes choses pour lui, et pas seulement de l’empêcher de nuire. Et c’est répéter cette demande sans se lasser, avec obstination, comme la veuve importune de la parabole qui criait jour et nuit pour obtenir justice.

La prière est un acte de foi en la puissance de Dieu qui peut changer les cœurs, et d’abord mon propre cœur et le regard que je pose sur l’autre. Il ne s’agit pas d’approuver le mal qu’il commet, mais de l’aimer malgré ce mal, en considérant qu’il ne s’y réduit pas. Non pas d’aimer mon ennemi en tant qu’ennemi, mais « en tant qu’homme créé par Dieu en son image et en qui demeure toujours une capacité de se tourner vers le bien » comme le dit le Père Jean-Miguel Garrigues.
Regarder les autres ainsi, c’est apprendre à les regarder comme le Christ nous regarde. N’est-ce pas la chose la plus nécessaire dans un monde où la violence semble ne jamais cesser d’appeler la violence ? C’est en cassant ce cercle infernal que Jésus nous a sauvés.