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Les évêques de France, par la voix de leur Conseil permanent, viennent de proposer à tous les Français une réflexion exigeante sur le politique.

Pessimistes, les évêques ? Le dernier sous-titre du document est à lui seul une réponse : il s'intitule "un pays en attente, riche de tant de possibles". 

 

 

Retrouver le sens du politique


Les évêques de France, par la voix de leur Conseil permanent, viennent de proposer à tous les Français une réflexion exigeante sur le politique. À la différence de la politique qui désigne les activités qui touchent à l’exercice du pouvoir, le politique se préoccupe des conditions de la vie en société et du bien commun, qui dépasse les intérêts particuliers : lorsque le politique s’étiole au profit de la politique politicienne, la société n’est pas en progrès, mais en déliquescence. Déjà, certains media ont reproché au diagnostic des évêques sur la situation de notre pays d’être très (trop) « sombre ». Mais s’il est sombre, ce n’est pas parce que les évêques seraient plus pessimistes que d’autres : c’est tout simplement parce que la situation de la France est réellement préoccupante.

Relevons au passage les questions les plus importantes évoquées dans le document. Tout d’abord la question des tensions qui traversent notre société : celle de l’insécurité liée au terrorisme, mais aussi celles qui sont dues aux crises sociales et sociétales, à l’opposition entre les groupes, à l’effet grossissant et déformant des réseaux sociaux, à l’exclusion et aux
injustices. Ensuite, la question du défi de l’intégration et de l’éducation : la première conditionne l’idée d’identité nationale, et la seconde l’ouverture à l’universel par la culture. Enfin et surtout, la question du sens, c’est-à-dire de ce qui fonde notre existence personnelle et communautaire. Or cette question, constatent les évêques, « a peu à peu déserté le débat
politique », et « les valeurs républicaines de liberté, égalité, fraternité, souvent brandies de manière incantatoire, semblent sonner creux pour beaucoup de nos contemporains ».

Ce déficit de sens a pour conséquence que les questions les plus graves ne sont pas soulevées, à commencer par la question de savoir si quelque chose vaut la peine de donner sa vie. Lorsque la parole est dévaluée, et que l’apport spécifique des sagesses et des religions est dénigré par un laïcisme doctrinaire, on ne saurait s’étonner de voir certains basculer dans diverses formes d’extrémisme ou dans le nihilisme, qui n’en est qu’une variante de plus.

Alors, pessimistes, les évêques ? Le dernier sous-titre du document est à lui seul une réponse : il s’intitule « un pays en attente, riche de tant de possibles ». Lancer un cri d’alarme n’est pas être pessimiste, si ce cri est lancé sur un fond d’espérance.