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Nous allons entrer dans la Semaine Sainte, en cette année placée par le Pape François sous le signe de la miséricorde divine.Dieu ne peut, Dieu ne sait que faire miséricorde.

Dieu abandonné par Dieu entre les mains des hommes : que cet abandon soit possible, voilà un grand mystère.
Mais le mystère des mystères, c’est qu’il débouche sur la victoire de Celui qui vient de Dieu.                                                                            

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  Blois, le 18 mars 216

« Semaine Sainte : la victoire sur l’Accusateur »

Nous allons entrer dans la Semaine Sainte, en cette année placée par le Pape François sous le signe de la miséricorde divine.
Dieu ne peut, Dieu ne sait que faire miséricorde : c’est pourquoi seule la miséricorde est divine ; l’accusation ne l’est pas, et l’Accusateur n’est autre que le diable, celui qui singe Dieu. Mais il est beaucoup plus facile, et souvent beaucoup plus tentant, d’accuser que de faire miséricorde.

Voilà une vérité que l’actualité nous confirme sans cesse. Il est toujours actuel, le cri du roi David : « Ah ! que je tombe entre les mains du Seigneur, car sa miséricorde est immense, mais que je ne tombe pas entre les mains des hommes ! » (1 Chroniques 21, 13 ; cf. 2 Samuel 24, 14).

Mais voilà que la Semaine Sainte nous donne à contempler une chose extraordinaire : Dieu a choisi délibérément de tomber lui-même entre les mains des hommes. Il les a laissés se déchaîner contre lui, faire de lui ce qu’ils voulaient. Il s’est livré, pieds et poings liés, à ce qu’il y a de plus vil dans l’humanité : ce mimétisme grégaire qui pousse les foules à rejoindre le camp de l’accusateur pour hurler avec les loups et s’acharner sur celui qui est déjà à terre. On se bouscule autour de lui, et c’est à qui aura la satisfaction de lui donner le coup de grâce. Quant à lui, il ne peut que crier son épouvante, comme Jérémie dans la première lecture de ce jour : « Moi, Jérémie, j’entends les calomnies de la foule : "dénoncez-le ! allons le dénoncer !"… Tous mes amis guettent mes faux pas, ils disent : "nous réussirons, et nous prendrons sur lui notre revanche !" » Les amis eux-mêmes sont de faux amis ; ceux qui avaient des paroles de paix n’attendaient que le moment de déclarer la guerre. Et Dieu lui-même, qui pourtant avait engagé sa parole quand il avait appelé son prophète, paraît maintenant se désintéresser de lui et l’abandonner à la meute déchaînée.

Dieu abandonné par Dieu entre les mains des hommes : que cet abandon soit possible, voilà un grand mystère. Mais le mystère des mystères, c’est qu’il débouche sur la victoire de Celui qui vient de Dieu et dont l’Accusateur avait cru triompher. « Il a été jeté bas, l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu. Il a été vaincu par le sang de l’Agneau » (Apocalypse 12, 10-11).