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Messe chrismale : mardi 30 mars 2010

Homélie prononcée à la messe chrismale le 30 mars 2010
en la cathédrale Saint-Louis de Blois

Chers amis,
Ce soir, nous avons pu nous rassembler sans crainte dans la cathédrale. Il y a tant de pays où les fidèles du Christ sont persécutés et seront empêchés de célébrer comme nous les fêtes pascales. Ainsi en est-il dans certains états de l’Inde et pays d’Afrique. Prions pour les chrétiens d’Orient et d’Algérie.
Notre planète va mal : violence des éléments, dureté de la misère. L’Église est secouée par des scandales abominables. Implorons la miséricorde de Dieu tant pour les victimes que pour les profanateurs. Benoît XVI est attaqué de toute part « Simon, j’ai prié pour toi afin que ta foi ne sombre pas »(Lc 22, 31-32). Que la prière du Christ soit la nôtre aussi.

Frères et sœurs,
La messe chrismale qui nous réunit doit son nom aux huiles qui sont bénites et qui assurent la croissance du Peuple de Dieu.
Ainsi les catéchumènes sont marqués d’une onction lors de leur admission dans l’Église en vue du baptême et pour qu’ils mènent « le beau combat de la foi » (1 Tm. 6, 12).
Les malades eux aussi sont fortifiés par l’huile sainte car ils participent aux souffrances du Christ, « achevant dans leur corps ce qui manque à la Passion du Seigneur » (Col. 1, 24).
Le Saint Chrême unit tous les baptisés au sacerdoce du Christ et par la confirmation les rend capables de manifester les dons de l’Esprit Saint et d’être ainsi les témoins audacieux et attendus par ceux qui cherchent « le chemin, la vérité, la vie » (Jn 14, 6).
Cette année, 17 catéchumènes recevront les sacrements de l’initiation dans notre diocèse. Ils sont près de 10 000 en France. À Benoye, au Tchad, communauté animée par les Franciscaines servantes de Marie, ils seront 450…
L’huile des malades réconfortera le corps et l’âme de plusieurs d’entre nous tant à Lourdes que dans les hôpitaux, cliniques ou maisons du Loir-et-Cher « Seigneur, celui que tu aimes est malade » (Jn 11, 3).
Ce sont plus de trois cents jeunes et adultes qui seront marqués de l’Esprit Saint, le don de Dieu, le jour de la Pentecôte, à Boissay.
C’est le Saint Chrême qui marque le front de l’évêque, les mains du prêtre pour que ceux-ci soient configurés au Christ Bon Pasteur.
« Vous les prêtres bénissez le Seigneur.
Vous ses serviteurs bénissez le Seigneur
» (Dn 3, 84-85).

Frères et sœurs,
Ce soir, vous allez être les témoins du renouvellement des promesses sacerdotales faites par vos prêtres le jour de leur ordination.
Soyez attentifs à leur réponse, au oui qu’ils réitèreront « pour la gloire de Dieu et le salut du monde », pour être fidèles à l’amour du Seigneur qui un jour les a saisis « alors quittant leurs filets, ils le suivirent » (Mt. 4, 20) pour continuer l’œuvre du Maître.
« Ceci est mon corps livré pour vous.
Ceci est mon sang, le sang de la nouvelle Alliance
» (Lc 22, 19-20).
« Tes péchés sont pardonnés, va en paix » (Lc 7, 48-50).
Tels sont les mots que le Christ Jésus nous a confié, à nous ses prêtres, pour nourrir son peuple et, l’ayant réconcilié, le faire entrer dans la sainteté de son Seigneur. Ce sont ces phrases de l’Eucharistie et de la Pénitence qui constituent notre identité parce qu’elles nous configurent au Christ prêtre. Ce Christ qui est la raison d’être de notre célibat. Lors de notre ordination, après avoir déclaré notre ferme intention de recevoir la charge du sacerdoce et d’y être fidèle, l’évêque a ajouté : « Que Dieu lui-même achève en vous ce qu’il a commencé ». Sans l’amour du Seigneur perçu et sans cesse renouvelé notre vie serait impossible et notre ministère stérile.
Cette année est placée sous le patronage du curé d’Ars, je vous livre deux phrases. La première est de lui : « Le sacerdoce, c’est l’amour du cœur de Jésus ». La seconde est de son vicaire général : « Il n’y a pas beaucoup d’amour de Dieu dans cette paroisse, vous l’y mettrez ». C’est à cette mission que nous nous employons « avec stupeur et tremblements ».
L’an dernier, beaucoup avait été touché parce que j’avais dit en m’adressant aux prêtres : « Je vous aime, non pas seulement pour ce que vous faites, mais pour ce que vous êtes ».
Frères et sœurs, il vous revient aussi de faire une telle déclaration. Les prêtres comme vous ont besoin de tendresse, d’amour, d’amitié… S’il y a des dérapages de toutes sortes dans leur vie, n’est-ce pas la conséquence d’un regard méprisant ou pire, d’une absence de regard, de jugements sans appel…
L’année sacerdotale voulue par Benoît XVI doit être une année d’action de grâce pour les prêtres que le Seigneur donne à son Église. S’il en est ainsi « la moisson ne manquera pas d’ouvriers » (Lc 10, 1-9).
Ce soir, il y a beaucoup de garçons et d’hommes jeunes. Avec audace, je m’adresse à vous. Vous vous interrogez sur votre avenir. Que ferais-je de ma vie ? Regardez les prêtres, les séminaristes, les deux évêques. Ils ont eu votre âge, certains un métier, tous des histoires singulières. Un jour, ils ont entendu un appel : « toi, suis moi » (Mt. 9, 9) et si j’ose un jeu de mots avec notre langue maternelle « toi, sois-moi ». La réponse a été plus ou moins facile à donner et finalement au nom de l’amour, ils ont dit « me voici » (Hb. 10, 7-9). Si vous entendez la voix du Seigneur à être prêtre ne vous bouchez pas tout de suite les oreilles. Priez et demandez conseil. Le Seigneur met toujours sur notre chemin la personne ou l’événement providentiel qui assure le pas, éclaire la décision, procure joie et paix.
Frères et sœurs vous pouvez être ces témoins providentiels de l’amour de Dieu et de sa fidélité pour éveiller, soutenir, conduire à sa maturation une vocation sacerdotale. Jean-Marie Vianney serait-il devenu le curé d’Ars, patron de tous les prêtres du monde, s’il n’avait pas rencontré Charles Balley qui, avant d’être curé d’Ecully, aux portes de Lyon, fut curé de Choue au diocèse de Blois ?
Frères et sœurs, il est bon d’être ce soir ensemble alors
« Bénissons le Père, le Fils et l’Esprit Saint :
À lui haute gloire, louange éternelle
» (Dn. 3, 88).

Amen

 

Mgr de Germiny