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Ordination presbytérale et diaconale de juin 2010

Homélie de la messe d’ordinations presbytérale de Guillaume Lanchet et
diaconales de Laurent Prudhomme et Pierre Tran Van Lam en la cathédrale Saint-Louis de Blois.

le dimanche 27 juin 2010

 


Chers amis,

Tous les diocèses de France ne connaissent pas hélas la joie qui est celle du diocèse de Blois aujourd’hui : bénéficier de la grâce de l’ordination.
Dans quelques instants je vous imposerai les mains à vous Pierre et Laurent et vous serez diacres, c’est-à-dire serviteurs de la table de la parole et de celle de l’eucharistie, actualisant ainsi les paroles du Christ : « Je suis venu pour servir et non pour être servi » (Mt. 20, 28).
Puis, à ton tour Guillaume je t’imposerai les mains pour que tu sois prêtre « prêtre du Seigneur » (Dn. 3, 84-85).
Frères et sœurs, une ordination diaconale, presbytérale n’est pas la relève assurée de fonctionnaires du culte. Une ordination diaconale, presbytérale est la présence de Dieu au milieu des hommes qu’il aime.
Pierre, Laurent, Guillaume, comme il consonne avec ce que vous vivez présentement, le psaume 33 prévu pour la fête des apôtres Pierre et Paul :
                « Je bénirai le Seigneur en tout temps,
                   Sa louange sans cesse à mes lèvres.
                   Je me glorifierai dans le Seigneur
».
Mais faites attention au verset suivant : « Que les pauvres m’entendent et soient en fête ». Vous n’êtes pas ordonnés pour vous-même mais pour être avec ceux qui peinent, qui souffrent, qui sont en quête de la vérité, d’un sens à donner à leur vie. Un autre verset du même psaume est explicite : « Un pauvre crie ; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses ». Puissiez-vous ne jamais être le prêtre, le lévite de la route de Jéricho qui passent leur chemin, mais bien plutôt le samaritain, figure annonçant le bon pasteur qui court après la brebis perdue (cf. Lc 10, 25-37). C’est une image qui doit vous être chère d’ailleurs si j’en juge par l’illustration de votre faire-part et qui nous montre le « beau pasteur » des catacombes de sainte Priscille à Rome.
Guillaume, tu m’as dit qu’il y aurait beaucoup de jeunes ce soir. Je le constate. Tu m’as dit de lancer un appel en faveur des vocations au ministère ordonné. Je le fais volontiers en reprenant toujours du psaume 33 ces autres versets :
         « Magnifiez avec moi le Seigneur,
            Exaltons tous ensemble son nom.
            Qui regarde vers lui resplendira,
            Sans ombre ni trouble au visage.
            Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !
           Heureux qui trouve en lui son refuge
».
Le refuge n’est pas un blockhaus, c’est la « pierre » solide où se brise la tempête suscitée par les haines ou les égoïsmes, le refus de Dieu et l’ignorance du frère (Mt. 16, 17). Assurément, vous les jeunes qui vous interrogez sur ce que vous ferez plus tard, osez vous poser la question de la vocation, pour employer le mot courant. Vocation ça veut dire appel. Les récits de vocation sont nombreux dans l’Ancien et le Nouveau Testament mais il y a aussi les autres appels tout aussi forts tels ceux de Pierre, de Laurent, de Guillaume, des diacres, des prêtres, des évêques présents ce soir. Il y a une constante. Un appel personnel du Christ « Toi, suis-moi » (Jn 21, 22). Mais avant cet appel, il y a ce questionnement : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ?... Oui Seigneur, tu le sais… Jésus lui dit : sois le pasteur de mes brebis » (Jn 21, 15-18).
Lancer un appel, c’est en quelque sorte lancer une bouteille à la mer, avec un message. Généralement elle touche le rivage : il importe alors de déchiffrer l’écriture, d’en mesurer la portée.
Pour vous trois, une phrase de saint Paul exprime votre réponse ou plutôt ce que vous avez compris de ce qu’est le Seigneur pour vous « Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse » (2 Cor. 12, 9).
Pierre, Laurent, Guillaume, avant de vous imposer les mains, je vous pose une question. Elle n’est pas trop tardive, elle sera toujours récurrente : Êtes-vous prêts à aimer, à aimer vraiment le peuple qui vous sera confié, tel qu’il sera. Êtes-vous disposés à aimer les gens ? Être prêtre c’est d’abord, c’est ensuite, c’est enfin aimer les gens. « Nous autres gens des rues » nous avons besoin de vous. Jésus demandait aux disciples : « Pour vous qui suis-je ? » Prenant la parole Simon Pierre déclara : « Tu es le Messie, le fils du Dieu vivant » (Mt. 16, 15-16).
Pierre, Laurent, Guillaume, c’est votre profession de foi aujourd’hui. Qu’en vous voyant, vous écoutant, d’autres puissent faire la même réponse et devenir ainsi « les compagnons de l’Agneau qui le suivent partout où il va » (cf. Ap. 7).
Amen
 

Mgr de Germiny