A propos de la demande de baptême : le Père François Cordier s'exprime
9 mars 2009"J'ai en tête l'histoire d'un jeune de 17 ans qui avait découvert l'Eglise par des amis de lycée qu'il avait suivis à l'aumônerie"pour voir".
... Et très touché par la célébration d'une étape de baptême d'un lycéeen à laquelle il avait assisté, il s'adresse à l'aumônier pour lui dire que lui aussi il voudrait se préparer à recevoir le baptême. Question de l'aumônier :"Parce que tu n'as pas été baptisé bébé ? - Je l'aurais su !". répond-il. Mais le soir, par acquit de conscience, il interroge ses parents. Et là, il apprend qu'il avait été baptisé bébé "parce que ça se fait", mais que ses parents n'y croyaient pas et qu'il n'avait jamais été question que ce soit pour eux un engagement à lui faire découvrir la foi chrétienne. Je me souviens de sa réaction de révolte :"Mes parents ont fait un truc auquel ils ne croyaient pas, et en plus aujourd'hui cela m'empêche de bénéficier du rituel de l'initiation chrétienne des adultes !"
Bien sûr, on lui a fait découvrir que l'initiation chrétienne des adultes ce n'est pas seulement le baptême c'est baptême-confirmation-eucharistie. Et il s'est préparé à la confirmation et à la réception de l'eucharistie. Mais quand même, il ne pouvait pas bénéficier de l'accompagnement liturgique que l'on nomme "étapes de baptême", et il trouvait cela très dommage et très injuste.
Alors je ne consonne pas avec la conclusion sous-jacente de Mgr André Dupleix ou de Dominique Quinio dans l'étidion de La Croix du 25 février. Je crois qu'il y a assez souvent des situations ou être en phase avec l'attitude du Christ ça peut être de différer la date du baptême, pour qu'il puisse y avoir vraiment un engendrement de chrétien par les sacrements de l'initation chrétienne.
Prêtre, je redoute d'être un jour accusé par un adulte de l'avoir baptisé bébé alors que je pouvais savoir que la demande de ses parenets n'avait rien à voir avec une entrée dans la vie à la suite du Christ. Et qu'ainsi j'avais manifesté que toute ma théologie des sacrements, ce n'étaient que des mots ! Je ne cherche pas une Eglise de "purs", je crois que les sacrements sans foi (ce qui d'accord, ne peut pas se mesurer, mais quand même quand la non foi est revendiquée..), que les sacrements sans lien ecclésial minimum ne sont plus des sacrements et sont illisibles. Or, si l'Eglise est Corps du Christ, c'est pour que le Christ soit visible, lisible. Cela nous donne des responsabilités. Et bien sûr non pas d'abord en maniant facilement le refus, mais en déployant toute l'énergie possible pour offrir des espaces d'éveil à la foi. Et des fois, une attente avant une cérémonie, attente nourrie, cela peut aider à "éveiller".
P. François Cordier