Chronique de Mgr de Germiny du 27 mars 2009
30 mars 2009Mgr de Germiny s'exprime à la suite de la session annuelle des chefs d'établissement privé du Loir-et-Cher.
Chers amis, bonjour.
Mercredi et jeudi derniers, j’ai participé à la session annuelle des chefs d’établissement privé du Loir-et-Cher.
L’Enseignement catholique du diocèse de Blois compte plus de 8 000 élèves répartis en une trentaine d’écoles, collèges et lycées.
La rencontre s’est déroulée sous la conduite de M. Jérôme Brunet, directeur diocésain, dans un climat amical, joyeux et dans la clarté de la fête de l’Annonciation. Le thème de ces deux journées de réflexion était : « Chef d’établissement : comment trouver une posture juste dans les relations au quotidien ».
Les chefs d’établissements et moi-même avons bénéficié de la présence de Mme Mordefroid. Celle-ci est licenciée en psychologie et sa spécialité est la communication. Récemment – en 2008 – elle a publié un ouvrage aux éditions de l’Emmanuel dont le titre est : « Parents-enfants : vivre les conflits ».
Afin de nous faire entrer au cœur de son propos, Marie-Paule Mordefroid nous a invités, par petits groupes, à monter un ou plusieurs « jeux de rôles » sur des situations vécues. En fait, tous les jeux tournaient autour de conflits opposant parents et enseignants : un père trouvait que la retenue infligée à sa fille était totalement injustifiée… pourquoi le directeur était-il aussi exigeant sur la tenue vestimentaire de leur garçon… n’étaient-ce pas aux parents de venir dans la cour de l’école régler les différents entre leurs chers petits… L’agressivité et la violence manifestées par ceux qui tenaient le rôle des parents n’avait rien d’exagérées. Ça sonnait juste. Le directeur acteur, quant à lui, s’essayait avec des trésors de patience teintés parfois d’un peu d’humour, mais toujours avec beaucoup de fermeté et de sérieux de gérer sans violence le conflit et d’établir une communication véritable.
Spectateur de ces jeux, je me suis demandé si parfois les parents ne pourraient pas rencontrer les directeurs d’établissement quand tout allait bien, en dehors de drames ou de récriminations. Les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants. Ne pourraient-ils pas faire part aux directeurs d’établissement, aux maîtres, de leur réussite dans le dialogue avec leurs enfants et que peut-être s’ils ont pu débloquer une situation, dire une parole c’était grâce à eux, enseignants ?
Je suis parti avec plusieurs convictions. Les chefs d’établissement aiment leur métier. Ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. Ça n’a pas de prix sinon celui de la reconnaissance, de l’amitié que vous pourriez – parents – leur exprimer, comme vos enfants le font bien souvent, à l’égard de leurs professeurs, qu’ils soient punis ou félicités.
† Maurice de Germiny
évêque de Blois