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Chronique de Mgr de Germiny du vendredi 19 juin sur RCF 41

22 juin 2009

Chronique sur l'Enseignement catholique et le projet du gouvernement d'abrogé la loi de 2004.

Blois, le 19. VI. MMIX


Chers amis, bonjour.
L’année scolaire se termine. Bien du travail a été accompli par les enfants et leurs professeurs et je vois, par mes visites entreprises cette année dans les établissements scolaires, combien les projets et l’enthousiasme sont à l’œuvre !

C’est pourquoi je suis profondément inquiet qu’une loi votée en 2004 permettant enfin aux écoles privées de vivre dignement risque d’être abrogée par le gouvernement.
De quoi s’agit-il ? Jusqu’en 2004, chaque école privée ne touchait une aide financière de sa commune, appelée forfait, que pour les enfants résidant dans cette même commune : autrement dit, une école privée de 70 élèves qui n’accueillait que 20 élèves domiciliés dans la commune ne touchait que 20 forfaits et rien pour les 50 autres élèves non résidents !

La loi de 2004, imitant en cela celle de 1959 pour les collèges et les lycées, avait décidé de mettre fin à cette pratique, appelant toutes les communes de résidence des élèves à verser un forfait à l’école que ces élèves fréquentaient. C’était là une mesure sage, équitable et respectueuse des enfants et des parents.

Trois ans plus tard, l’abrogation de cette loi est à l’ordre du jour de nos parlementaires !

Pour les écoles des grandes villes qui n’accueillent pratiquement que des élèves de leur agglomération, le problème ne se pose pas ou peu mais pour nous, en Loir-et- Cher, où nous avons beaucoup d’écoles rurales qui ouvrent leurs portes à des enfants venant de dizaines de communes différentes, cette abrogation sonne comme un glas !

En France, une famille sur deux fait appel, un jour ou l’autre, à l’enseignement privé. Ces familles, qui payent les mêmes impôts, deviennent-elles de seconde zone dès qu’elles franchissent le portail des écoles Saint-Joseph, Daniel Brottier, du Sacré Cœur, Notre Dame pour ne citer que quelques unes d’entre elles ?
20 % des élèves français sont scolarisés dans l’enseignement privé. Pour combien de temps encore ? Si cette loi de 2004 était effectivement abrogée cela mettrait dramatiquement en péril l’équilibre financier des écoles privées.

Respecte-t-on la liberté de choix des parents ?
Pour ma part, je vais alerter mes frères évêques afin que nous nous fassions l’écho de tous ces parents, chrétiens ou non mais de plus en plus nombreux, qui sont attachés à la liberté de l’enseignement et qui se mobilisent, en Loir-et-Cher pour que cette loi de 2004 soit défendue et maintenue dans l’esprit de la devise de notre pays : liberté, égalité, fraternité !

Manifestez-vous donc avant la fin de la session parlementaire de cette année pour que soit maintenu le forfait communal. Les associations de parents d’élèves doivent avec les directeurs d’établissements alerter les maires, les conseillers généraux, les députés, les sénateurs qui souvent ont eux-mêmes bénéficié de l’enseignement de ces établissements, pour que l’éducation dispensée par les écoles catholiques notamment rurales puisse perdurer.

 

† Maurice de Germiny
évêque de Blois

 

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