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Chronique du Mgr de Germiny du 5 février 2010

5 février 2010

En cette année du sacerdoce, on parle beaucoup du Curé d’Ars.
Succinctement, j’évoquerai un homme qui a fortement marqué Jean-Marie Vianney. Il s’agit de Charles Balley, curé d’Ecully.

Blois, le 5. II. MMX

Chers amis, bonjour.

En cette année du sacerdoce, on parle beaucoup du Curé d’Ars.
Succinctement, j’évoquerai un homme qui a fortement marqué Jean-Marie Vianney. Il s’agit de Charles Balley, curé d’Ecully.
Mon propos étant rapide, je vous renvoie au livre récent de Jean-Jacques Antier, « le Curé d’Ars », éditions Perrin et à une BD de Loÿs Pétillot et Marie-Paul Sève « Jean-Marie Vianney, curé d’Ars » éditions du Triomphe.
Charles Balley 1751-1817 était né à Lyon et à seize ans rentrait chez les Génovéfains, chanoines suivant la règle de Saint-Augustin.
Ordonné prêtre en 1775 après des études brillantes, son zèle apostolique et son aptitude au discernement le font choisir comme maîtres des novices. La tâche est rude : c’est le siècle des Lumières.
Les Génovéfains vivent en communauté et animent des paroisses. C’est ainsi qu’après dix ans d’enseignement et d’accompagnement spirituel, Charles Balley deviendra curé de Choue en 1785, commune percheronne du diocèse de Blois, située entre Châteaudun et Vendôme.
C’est dans cette paroisse d’un millier d’habitants que Charles Balley va forger son expérience pastorale qu’il réactualisera à Ecully et qu’il lèguera à son disciple Jean-Marie Vianney : catéchèse pour les enfants et les adultes, assurer la dignité et la beauté du culte, action sociale et lutte contre toutes formes de pauvreté.
En 1792, la Constitution civile du Clergé le contraint à quitter Choue. On perd sa trace jusqu’en 1795 où il réapparait sous le nom de Carlos parmi les missionnaires clandestins de la région lyonnaise.
1802, le Concordat redonne à l’Église son droit de cité. En 1805 Charles Balley est nommé curé d’Ecully. L’archevêque de Lyon, le cardinal Fesch est soucieux des vocations sacerdotales. Il demande à ses curés d’ouvrir des pédagogies, on dirait maintenant des propédeutiques, pour accueillir les garçons qui pensent devenir prêtres.
Entre le 15 et 23 mars 1807, Jean-Marie Vianney, originaire de Dardilly à une lieue d’Ecully se présente, il a 21 ans. Les débuts de Jean-Marie Vianney auprès de Charles Balley sont difficiles. Le curé d’Ecully trouve ce garçon bien âgé, peu doué pour l’étude. De plus l’enrôlement militaire risque un temps de tout compromettre.
Charles Balley, l’ancien maître des novices a cependant discerné chez Jean-Marie Vianney des signes indiscutables de l’appel de Dieu : piété, humilité, amour… c’est pourquoi il va tout mettre en œuvre pour soutenir sa vocation, lui permettre de comprendre ce qui lui est enseigné au grand séminaire Saint Irénée à Lyon et faire entendre à l’archevêque que Jean-Marie Vianney a les aptitudes requises pour être ordonné prêtre. L’ordination aura lieu le 9 août 1815. Charles Balley mourut le 16 décembre 1817.
Durant deux années Jean-Marie Vianney fut son vicaire et bénéficia d’un complément de formation auprès de lui. Comment gérer une paroisse, remplir des registres paroissiaux. Entre les deux hommes s’instaura une vie intense de prière…
Le mardi 1er juin prochain, les prêtres des diocèses de Blois, Bourges, Chartres, Orléans et Tours, se retrouveront à Choue. Cette journée s’inscrit dans l’ensemble des initiatives de l’année sacerdotale désirée par Benoît XVI.
Le soutien des vocations sacerdotales est la grâce que nous demanderons au Seigneur par l’intercession de Charles Balley, maître spirituel du Curé d’Ars.


† Maurice de Germiny
évêque de Blois
 

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