La Nuit des Cathédrales à Blois.
15 juillet 2010Un moment hors du temps.
Le 24 juin, en même temps que ceux de Bourges, Chartres, Orléans, Tours et bien d'autres à travers le pays, le diocèse de Blois s'est joint pour la première fois à la Nuit des cathédrales. Une soirée à renouveler.
Blois, des comtes, des rois, un château aux ailes multiples et des églises. Des bâtiments affectés au culte de l'Église catholique, dont l'un d'abord dédié à Saint Pierre puis à Saint Solenne, l'a ensuite été à Saint Louis à l'époque de Louis XIV. Un joyau du patrimoine religieux devenu cathédrale à la suite de la création du diocèse de Blois qui, en 1697, se détachant de Chartres trouvait sa pleine réalité entre Loir et Cher. Un édifice dont les premières pierres de fondation ont été posées au IXe siècle, qu'une violente tempête survenue le 6 juin 1678 a pratiquement détruit et qui a rapidement été reconstruit grâce à l'intervention de Marie Charron qui bénéficiait d'un intercesseur de choix à la cour royale puisqu'elle était l'épouse de Colbert. Tout cela, Mgr Philippe Verrier l'a raconté, ajoutant pour illustrer ses propos des croquis qualifiés d'"approximatifs" mais permettant d'imaginer l'évolution de ce qui ne fut au départ qu'une petite chapelle située dans le haut de la ville, sur le "Clos-Haut".
Aperçu historique complété par Jean Lafont qui a évoqué le culte des saints, les pèlerinages et les cérémonies spécifiques des confréries de métiers, s'attardant à décrire les chapelles latérales Sainte Anne et Saint Gilles.
Jean-Paul Sauvage, pour sa part, a esquissé, citation à l'appui, l'arrivée triomphale, le 26 juin 1698, du premier évêque, Mgr David-Nicolas Bertier qui, des bords de Loire, avait traversé la ville en liesse avant d'atteindre sa cathédrale. L'historien a par ailleurs fait allusion aux trois ordinations épiscopales qui s'y sont déroulées, dont la dernière en date, le 24 mai 1997, celle de l'évêque actuel, Mgr Maurice de Germiny.
Ce dernier, après avoir salué la présence du préfet Philippe Galli -"Une cathédrale appartient à l'État; Monsieur le préfet, vous êtes ici chez vous"- a rendu hommage à un ami, Mgr Joseph Doré, archevêque émérite de Strasbourg, l'initiateur de la manifestation culturelle et cultuelle qu'est la Nuit des cathédrales. Les pièces jouées à l'orgue par Vincent Grappy et les chants interprétes par Georges Abdallah et Catherine Pautet, en lien étroit avec la liturgie, sont venus illustrer le caractère sacré du lieu sur lequel l'évêque venait d'insister. De même que les Complies chantés par les moines de l'abbaye Saint-Georges de Saint-Martin-des-Blois auxquels se sont joints spontanément les voix de plusieurs des quelque 400 personnes présentes, et en particulier pour le chant du Salve Regina qui termine ce dernier Office de la Liturgie des heures, la prière quotidienne de l' Église. Sans doute dans un élan de joie non pas de retrouver une religiosité d'une autre époque, mais une beauté qui a traversé les âges et qui sauvera le monde, comme l'écrivait Dostoïevski.
Ce 24 juin, en ce lieu où l'évêque célèbre, enseigne, prie et gouverne; en cet endroit particulier qui apporte à la cité une importante note de spiritualité, il était bon "de rester ici, sans mesurer le temps, ni le reste", a résumé Mgr de Geminy. Une première blésoise de la Nuit des cathédrales qui en appelle beaucoup d'autres et qui deviendra peut-être le complément indispensable de la Fête de la musique.
Michel Lemay
Ce même jour, dans la chapelle des fonts baptismaux de la cathédrale Saint-louiis, une plaque a été posée en mémoire de trois blésois partis au Québec : une religieuse des soeurs hospitalières de Saint-Joseph de la Flèche qui a fondé l'Hôtel-Dieu de Montréal, Judith Moreau de Brésolles, François Ragueneau et Antoine Villade.