Pour continuer autrement le "oui" sacramentel, André Marchand entrera au noviciat des Frères de la Résurrection.
27 octobre 2009Veuf depuis 15 ans, père, grand-père et arrière grand-père, André Marchand entrera le 23 novembre au noviciat des Frères de la Résurrection à Marcillac-Lanville en Charente. Rencontre.
Interview du journal "La Renaissance".
Quel a été le cheminement qui vous a mené à cette décision ?
Nous avions l'habitude avec Simone, mon épouse, d'écouter "Un chrétien vous parle", une émission animée par le P. Calimet sur RTL et j'avais décidé d'en faire un enregistrement. Le 12 janvier 1986, l'émission est consacrée à la communauté des Frères de la Résurrection, des Oblats bénédictins qui dépendent de l'abbaye de Solesmes et ont la particularité d'être des hommes veufs ou séparés. Je dis à Simone :"Si tu pars la première, j'irai là-bas", elle me répond : "je t'y vois très bien.". En janvier 1993, Simone est opérée d'un cancer et décède le 18 juin de la même année. Quelques semaines plus tard, je séjourne huit jours à la communauté qui est à Marcillac-Lanville en Charente. Jusqu'à ces dernières années, j'y allais pour les moments forts de l'année liturgique, sauf Noël. Depuis trois ans, j'y suis également à Noël.
Le 3 mars 2003, j'ai reçu la coule de postulant (cape de chœur à capuchon- NDLR) sans autre engagement que la récitation de l'office des diacres; je suis devenu "frère familier régulier". J'ai aménagé une chambre en oratoire où je prie en communion avec mes frères.
Le 15 août 2007, quand on a chanté "La première en chemin, Marie tu nous entraîne à risquer notre "oui" aux imprévus de Dieu", j'ai compris que j'étais prêt. J'ai annoncé ma décision à mes trois enfants en janvier 2008.
L. R : Quelles ont été les réactions de vos enfants et de vos petits-enfants?
"C'est un "oui" du bout des lèvres. Mes deux filles ont du mal à accepter ma décision; je leur fais voir le côté pratique et sûr. On va s'occuper de moi jusqu'au bout. Le plus difficile sera pour ma fille qui est à Blois et qui vient plusieurs fois par semaine; elle viendra dans une maison vide. C'est mon fils qui va me conduire à Marcillac. Quant à mes petits-enfants, certains m'on dit : "C'est super!" Autour de moi, ma décision ne surprend pas.
L.R : Vous êtes tertiaire de saint François, pourquoi ne partez-vous pas dans une communauté de Capucins qui est votre famille spirituelle ?
J'avais posé la question à un supérieur du couvent de Blois, mais cela n'était pas possible; le fait que je sois mal voyant devait poser des difficultés.
L. R. : Quelle va être votre vie désormais, quelles relations allez-vous garder avec votre famille ?
Il n'y a pas de rupture des liens familiaux, bien au contraire. Nous restons des pères, des grands-pères; la règle nous fait le devoir de passer plusieurs semaines de vacances en famille. Nous pouvons participer aux évènements familiaux; nous avons aussi à continuer à aider nos enfants matériellement, si nécessaire. Bien sûr, je vais continuer à porter mon alliance et celle de Simone, mon épouse.
Le 23 novembre, en la fête du Christ Roi, jour anniversaire de nos fiançailles, j'entrerai au noviciat. Je deviendrai le frère André-Joseph. Joseph est mon quatrième prénom, mais surtout en prenant le nom de Joseph, j'emporte les intentions de tous les paroissiens de Saint-Joseph.
Dans un an, je recevrai la tunique et le scapulaire.
Propos recueillis par M.-A. PELLÉ