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Diocèse de Blois

Biographie: Une vie toute donnée.

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"Vous verrez, madame, quand je serai plus vieille, je rendrai aux autres ce que vous me faites." (Marie-Virginie)

 

 

               Marie- Virginie Vaslin est née le 28 avril 1820 dans une famille modeste de la paroisse de Vancé, au hameau de la Joubardière sur les bords du Loir, diocèse du Mans (Sarthe). Quatrième enfant d’Alexis Vaslin, journalier, Marie-Virginie, au décès de sa mère, en 1830, alors âgée d’une dizaine d’années est placée comme pastourelle à la ferme de la Louptière; recueillie par les propriétaires du domaine, M. et Mme Daguereau dans leur château, soignée comme scrofuleuse, instruite, elle y apprend le service, la cuisine. C’est à Mme Daguereau que Marie-Virginie confie sa résolution: "Vous verrez, madame, quand je serai plus vieille, je rendrai aux autres ce que vous me faites. - Petite sotte, comment feras-tu? Tu n’as rien, tu ne sais ni lire ni écrire, tu ne sais rien. - Vous verrez, madame, je le ferai."


               Dans son désir de prière et de recueillement, conseillée par son confesseur M. Gilbert, curé du lieu, âgée de dix-neuf ans à peine elle entre dans une communauté des Sœurs de la Providence du Sacré-Cœur de Jésus, à Saint-Rémy d’Auneau, diocèse de Chartres: elle fait profession le 10 février 1840 et reçoit le nom de sœur Providence; elle restera à Saint-Rémy jusqu’en 1845. La vie régulière y est alors d’une très grande pauvreté; la supérieure est amenée à envoyer quelques Sœurs à Chartres pour y gagner leur subsistance. C’est ainsi que sœur Providence va devenir garde-malade auprès de familles aisées.


               Son souhait de se dévouer au service des plus pauvres et des plus déshérités grandit. Avec l’accord de ses supérieures, en mai 1845 Marie-Virginie quitte la communauté: elle va, au Refuge du Bon-Pasteur à Tours, s’engager au service de filles que la vie a déjà beaucoup éprouvées. Là elle traverse une grave épreuve de santé; une mystérieuse léthargie la tient, durant trois jours, entre la vie et la mort, durant laquelle elle a la vision très claire de l’œuvre qu’elle doit entreprendre. Le père Julien Gautier, missionnaire de la congrégation de Sainte-Croix, son futur confident, la conforte dans son engagement: "Je n’ai rien de ce qu’il faut pour fonder une congrégation, s’effraye-t-elle. J’ai toujours repoussé cette pensée comme une tentation d’orgueil."


            Avec cinq francs en poche, le 10 octobre 1852, Marie-Virginie loue une mansarde, au 15 de la rue Beauvoir à Blois, pour y accueillir une quinzaine de jeunes filles domestiques sans place, filles de la campagne, qui sont à la rue.

               Pour comprendre l’œuvre entreprise alors par Marie-Virginie, il faut avoir présent à l’esprit la condition des domestiques, en France, au milieu du XIXe siècle. L’insécurité matérielle et morale de ce petit personnel de maison, au bas de l’échelle sociale, met en danger les jeunes filles venues se placer «en ville», même s‘il ne faut pas généraliser : isolement, chômage continu en l’absence de toutes autres ressources, misère du logement domestique, service à toutes heures, renvois faciles, maladie, grand âge; les mauvais traitements ne sont pas rares non plus.

              L’originalité de Marie-Virginie vient sans doute du fait que la modestie de ses origines et de ses emplois successifs l’ont conduite, servante elle-même, à se faire la servante des servantes, ses sœurs.


               L’Œuvre des Domestiques est née. Malgré les obstacles, les critiques, avec l’appui de Mgr Pallu du Parc, évêque de Blois, la communauté se développe rapidement. Le 17 septembre 1864 elle prend officiellement le nom de Sœurs Franciscaines Servantes de Marie.

          Lorsque Marie-Virginie, en religion Mère Marie Sainte-Claire, démissionne en 1866 de sa charge de supérieure générale, des maisons ont été fondées à Blois, au Mans, à Tours et à Bourges. Sœur Virginie meurt dans la paix du Seigneur, à Blois le vendredi 10 octobre 1873, à l’âge de 54 ans.

           Aujourd’hui ses Sœurs sont présentes en Inde (1934), à Madagascar (1959), au Tchad (1993) et en Italie (2015), perpétuant l’engagement de leur fondatrice, se mettant au service des nouvelles esclaves modernes que deviennent trop souvent, dans les grandes métropoles, de nombreuses jeunes femmes de la campagne ou issues de l’émigration.

 

BIBLIOGRAPHIE

- Deux éditions de Une fondatrice, une fondation. La Mère Marie Sainte-Claire. Les Franciscaines Servantes de Marie par le père Ladislas de Vannes, omc, Blois, 1907 et 1921.

- Sœur et Servante. Marie-Virginie Vaslin, fondatrice des Franciscaines Servantes de Marie par le père Philippe Verrier, ISF, Blois, 2001 (d’après l’ouvrage du père Ladislas).