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Diocèse de Blois

7ème dim de Pâques - 13 mai 2018

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1ère lecture : Ac 1, 15-17.20a.20c-26

En ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères qui étaient réunis au nombre d’environ cent vingt personnes, et il déclara : « Frères, il fallait que l’Écriture s’accomplisse. En effet, par la bouche de David, l’Esprit Saint avait d’avance parlé de Judas, qui en est venu à servir de guide aux gens qui ont arrêté Jésus : ce Judas était l’un de nous et avait reçu sa part de notre ministère. Il est écrit au livre des Psaumes : Qu’un autre prenne sa charge. Or, il y a des hommes qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi nous, depuis le commencement, lors du baptême donné par Jean, usqu’au jour où il fut enlevé d’auprès de nous. Il faut donc que l’un d’entre eux devienne, avec nous, témoin de sa résurrection. » On en présenta deux : Joseph appelé Barsabbas, puis surnommé Justus, et Matthias. Ensuite, on fit cette prière : « Toi, Seigneur, qui connais tous les cœurs, désigne lequel des deux tu as choisi pour qu’il prenne, dans le ministère apostolique, la place que Judas a désertée en allant à la place qui est désormais la sienne. » On tira au sort entre eux, et le sort tomba sur Matthias, qui fut donc associé par suffrage aux onze Apôtres.

Commentaire :

Au début du livre des Actes, Luc raconte le remplacement de Judas dans le groupe des Douze. Il signale ainsi l’importance de ce groupe sur lequel va se fonder le peuple de la nouvelle Alliance. De même que le peuple de Dieu était structuré en 12 tribus, l’Église a son fondement dans le groupe des Douze.

Les critères donnés par Pierre montrent ce qui fait l’originalité et le caractère unique des apôtres : ils sont ceux qui ont accompagné Jésus durant son ministère et qui ont été témoins de la résurrection. Cas unique dans le Nouveau Testament, il y a tirage au sort pour désigner le 12ème apôtre : puisque Jésus avait lui-même choisi ses apôtres, Pierre ne se sent pas en droit de choisir lui-même le remplaçant de Judas. Pour les ministères ultérieurs, le choix sera fait par les responsables des Églises.

Dans les traditions ultérieures, Matthias aura tendance à disparaître au profit de Paul. C’est en particulier le cas dans l’iconographie médiévale.

François Brossier

 

2ème lecture : « Nous avons reconnu l'amour de Dieu » 1 Jn 4, 11-16

Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection. Voici comment nous reconnaissons que nous demeurons en lui et lui en nous : il nous a donné part à son Esprit. Quant à nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. Et nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.

Commentaire :

Le devoir de nous aimer les uns les autres prend son origine dans l’amour que Dieu nous a manifesté en son Fils. L’homme doit aimer parce que lui-même est aimé.

La foi chrétienne n’est pas une idéologie mais l’attachement par la foi en la personne même de Jésus Christ, le Sauveur du monde. C’est lui qui est attestation de l’amour de Dieu parmi nous.

Demeurer dans l’amour, c’est d’abord vivre l’amour fraternel mais c’est aussi conserver la foi en l’amour de Dieu manifesté parmi nous par le Fils.

François Brossier

Evangile : Jn 17,11-19

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

Commentaire :

Le « monde » dans l’évangile de Jean désigne habituellement le monde où règne en vainqueur l’esprit du mal. Jésus n’est pas de ce monde là, le monde des goulags, du terrorisme, de la violence ou celui de l’argent triomphant. Avec Jésus ressuscité, nous croyons cependant que ce monde là n’aura pas le dernier mot puisque Jésus est « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. » Les disciples eux non plus ne sont pas de ce monde-là s’ils vivent de la résurrection. Mais ils sont dans le monde comme Jésus s’est incarné dans le monde pour le sauver.

Ne pas être du monde mais être dans le monde reste valable pour tous les temps. Si les fidèles oublient « Vous n’êtes pas du monde », leur christianisme sera réduit à une idéologie. Mais s’ils oublient « envoyés dans le monde », comment la Bonne Nouvelle du salut en Jésus Christ pourra-t-elle être proclamée ? Le chrétien qui se considèrerait « non dans le monde » manifesterait qu’il ne fait pas confiance à la rédemption.

François Brossier