Dimanche 25 octobre 2026, Mgr Francis Bestion a ordonné Pierre-Olivier Ngirishya et François Perronet diacres permanents pour le diocèse de Blois. Une double ordination diaconale qui suscite la joie de l’Eglise catholique du Loir et Cher.
Retrouvez ci-dessous le texte de l’homélie ainsi que les photos.
Homélie de Mgr Francis Bestion
Frères et Sœurs, dans quelques instants, nos frères François et Pierre-Olivier vont recevoir l’ordination au diaconat.
Pourquoi vont-ils recevoir cette ordination ? Parce que le Seigneur les a appelés et qu’ils ont répondu à son appel. Toute vocation est la rencontre entre la grâce de Dieu et la liberté d’une personne humaine. Il faut un appel et il faut un oui.
Tous les récits de vocation dans la Bible, et ils sont nombreux, manifestent cette double réalité d’un appel divin et d’une réponse humaine. Mais il faut aussitôt ajouter que cette réponse humaine a encore besoin de la coopération de la grâce, car elle dépasse nos seules forces, notre seule intelligence. Pour éclore, pour mûrir, pour grandir, le « oui » de l’appel du Seigneur a besoin de la grâce.
Cela est clairement exprimé dans les rites de l’ordination. Lorsque l’évêque interroge l’ordinand à la dernière demande de l’évêque, l’ordinand répond « oui, je le veux » avec la grâce de Dieu. Comment être sûr de ne pas se tromper, de se faire illusion quant à cet appel du Seigneur et la réponse qui lui est donnée ? Celui qui pense avoir reçu l’appel s’en remet au discernement de l’Église.
En dernier lieu, c’est l’évêque qui appelle aux ordres sacrés. Il ne peut le faire que parce qu’il a reçu le témoignage de ceux qui ont mission de former, de discerner et qui eux-mêmes prennent soin d’interroger ceux et celles qui connaissent le candidat parce qu’ils l’ont accompagné d’une manière ou d’une autre tout au long de sa formation. C’est ce qu’a manifesté le rite de l’appel au commencement de notre célébration.
Le délégué épiscopal pour le diaconat a répondu à la question de l’évêque. Le peuple chrétien a été consulté. Ceux à qui il appartient d’en juger ont donné leur avis.
Aussi j’atteste qu’il a été jugé digne d’être ordonné. J’en profite pour remercier le diacre Jean et les autres membres du conseil du diaconat ainsi que les membres des groupes d’accompagnement de François et de Pierre-Olivier. Frères et sœurs, l’ordination de deux diacres est un signe.
Elle est un signe parce que l’Église à qui ils sont remis par la grâce divine est elle-même un signe. C’est ce que dit la Constitution sur la sainte liturgie du Concile Vatican II. La liturgie, et nous sommes ici dans une action liturgique, montre l’Église à ceux qui sont dehors comme un signal levé devant les nations.
Ce n’est pas un signe triomphaliste, c’est un signe humble de la mission de l’Église d’annoncer l’Évangile à tous les hommes, d’être comme son divin maître au service des hommes et des femmes de ce monde pour leur manifester la charité de Dieu, sa présence à leur vie, sa miséricorde, sa volonté de salut pour tous en son Fils Jésus-Christ qui s’est abaissé, prenant la condition de serviteur jusqu’à la mort et la mort sur la croix. Configurés au Christ serviteur par leur ordination, les diacres sont dans l’Église pour le monde les témoins du Christ venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie pour la multitude. Aujourd’hui, Pierre-Olivier, François, avec les autres membres de l’Église qui sont à vos côtés, mais en avançant seuls pour recevoir l’ordre sacré du diaconat, votre regard doit être tourné vers la croix du Christ.
Sur votre faire-part d’ordination, vous avez mis une photo du vitrail de la baie centrale de l’église de Saint-Laurent-Nouan qui représente le Christ en croix. Et vous avez mis aussi une photo d’une statue de votre église, statue de Saint-Laurent, diacre et martyr, qui s’est laissée configurer au Christ jusqu’au sacrifice de sa vie. La croix dans le sanctuaire de toutes les églises indique que du premier coup d’œil à celui qui entre et avance dans l’église où est la source.
Chaque fois que nous levons les yeux vers la croix du Sauveur, s’accomplit pour nous la prophétie de Zacharie, rappelée par l’évangéliste Saint-Jean dans le récit de la Passion, « Ils regarderont vers moi ». Car il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et pour les habitants de Jérusalem. Cette source, selon une autre prophétie, celle d’Ézéchiel, est devenue un grand fleuve, un torrent même, capable d’irriguer non seulement les alentours du Temple, mais toutes les vallées et les plaines, jusqu’à assainir les eaux saumâtres d’une mer morte. Cette source, elle jaillit, en effet, du côté transpercé du Christ sur la croix.
C’est la source des eaux vives pour tous ceux qui y seront lavés, pour tous ceux qui y boiront. Chers ordinands, en vous laissant configurés au Christ Serviteur, par la grâce de l’ordination diaconale, vous vous rappellerez une parole de Jésus à ses disciples, « Prenez sur vous mon joug, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vos âmes. » En revêtant le tablier du service, c’est-à-dire en portant la croix du Serviteur, vous revêtirez sa douceur et son humilité, signe de ce service diaconal.
C’est ce que le pape François avait rappelé aux diacres venus du monde entier, rassemblés sur la place Saint-Pierre. J’y avais accompagné à ce moment-là les diacres de France, lors de la messe de leur jubilée, l’année de la miséricorde. La douceur et l’humilité, disait le Saint-Père, sont le style de Dieu.
Ils sont donc, je le cite, « les traits du service chrétien, qui est d’imiter Dieu en servant les autres, les accueillant avec un amour patient, faisant en sorte qu’ils se sentent accueillis à la maison, dans la communauté ecclésiale, où ce n’est pas celui qui commande qui est grand, mais celui qui sert. » François Pierre-Olivier, vous serez les serviteurs de la parole, de l’autel et de la charité des pauvres. Serviteur de la parole, vous la proclamerez non seulement à la messe, mais par toute votre vie.
Vous êtes envoyé dans le monde sans vous conformer au monde, muni de cette parole de vérité qu’est l’évangile du salut. Face au fatalisme et au découragement de beaucoup, cette parole est une parole d’espérance. Vous serez aussi serviteur de l’autel, et ainsi vous rappellerez à la communauté chrétienne rassemblée pour l’Eucharistie que la liturgie est le premier service que l’Église est appelée à rendre.
Comme le souligne le Concile Vatican II, je le cite, « Toute célébration liturgique, en tant qu’œuvre du Christ prêtre et de son corps qui est l’Église, et l’action sacrée par excellence dont nulle autre action de l’Église ne peut atteindre l’efficacité au même titre et au même degré. » En servant à l’autel, vous vous rappellerez que le plus grand signe du Christ serviteur est celui de son offrande sur la croix, signe actualisé pour nous et pour le monde à chaque messe dans le sacrifice de l’autel. C’est bien là que la fécondité de votre ministère prendra vraiment sa source.
Serviteur de la parole et de l’autel, le diacre est ordonné au service de la charité. Vous pourrez vous souvenir de ces brèves paroles, mais lumineuses, de saint Augustin. Elles constituent une sorte de synthèse du mystère de Dieu et celui de l’Église servante.
Si tu vois la charité, tu vois la Trinité, puis ce que vous servirez, en particulier les petits, les pauvres, les malades, les blessés de la vie, voir dans votre service charitable le vrai visage de Dieu. Je me tourne maintenant vers vous, Séverine, épouse de François et Odile, épouse de Pierre-Olivier. Pendant tout le temps de leur formation, qui n’est d’ailleurs pas encore tout à fait achevée, vous avez accompagné votre conjoint, vous avez vous-même cheminé avec eux en vue du discernement pour pouvoir prononcer votre oui, votre accord à l’ordination de votre mari.
Au nom de la communauté diocésaine, je tiens à vous exprimer ma reconnaissance et ma gratitude. Je salue également les enfants de ces deux foyers. À votre manière, vous avez été aux côtés de vos parents dans leur cheminement et aujourd’hui, vous entourez vos papas respectifs pour ce jour si important de leur ordination diaconale.
Merci à vous. Frères et sœurs, en entourant aujourd’hui deux fils de notre Église que je vais ordonner diacre, je vous invite à devenir davantage ceux que vous êtes déjà par la grâce de votre baptême, des pierres vivantes de l’Église du Christ, ici, sur notre terre du Loir-et-Cher. Ne craignez pas de prendre votre croix à la suite du Christ, car son jouet facile à porter et son fardeau léger pour ceux qui font de lui l’ami, l’ami véritable.
L’amour de Jésus ne nous décevra jamais, car c’est le seul en qui il n’y a pas la moindre trace d’égoïsme. En cherchant à aimer comme lui, nous ne nous tromperons jamais et notre vie, notre route de pèlerin ici-bas sera toujours suffisamment balisée et éclairée pour que nos pas ne s’égarent pas dans des recherches et des voies sans issue. Frères et sœurs, par l’intercession de Notre-Dame du Rosaire, prions le Maître de la Moisson qui l’envoie des ouvriers à sa moisson, prêtres, diacres et consacrés pour notre Église diocésaine.
Prions pour que des jeunes puissent entendre l’appel de Dieu et y répondre généreusement. Ensemble, gardons maintenant quelques instants de silence et prions pour ceux à qui je vais imposer les mains pour faire d’eux des serviteurs de l’Église pour le monde.
Amen.

