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Pastorale de la santé

Dieu au coeur de l'homme

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Cette journée intitulée « Dieu au cœur de l’homme » peut surprendre, avec ce sous-titre: "Quels liens peut-on reconnaître entre la mission en pastorale de la santé, la vie des équipes en aumônerie hospitalière ou en EHPAD et les pôles d’alliance ? "
En voici le cheminement

Cheminement et questions

Le cheminement pour construire cette journée mérite quelques explications.

Après la 1° lettre pastorale sur les "pôles d’alliance" ou "Pôles forts de vie chrétienne", il est apparu important de comprendre cette démarche diocésaine et la place de la pastorale de la santé dans cette démarche.

Après l’assemblée diocésaine du 30 septembre 2017, avec sa riche journée d’échanges et de réflexion, Mgr Batut avait repris la parole et invité notamment chacun à "se relier à l’Amour" et "à donner un témoignage de communion fraternelle "… C’est ce qui nous est resté de plus fort et c’est ce qui domine le déroulement de cette journée.

Ceci suscite quelques questions :

les équipes en Pastorale de la santé sont-elles, par leurs activités, effectivement "reliées à l’amour",
Sont-elles ces "communautés chaleureuses et qui témoignent"  dont parle notre évêque
Ressentons-nous tous pleinement ce désir de communion ?
L’évangile  est-il toujours le moteur de nos actions ? 

Comprendre ce qui relie l’esprit de la mission en pastorale de la santé, la vie d’équipe et la dynamique des pôles d’alliance.

_________

Nous avons choisi pour cette journée le titre : "Dieu au cœur de l’Homme" car ce qui anime avant toute chose l’engagement de chacun d’entre nous, auprès des patients et des résidents, c’est cette présence au cœur de l’homme d’un Dieu qui nous aime chacun personnellement comme un père aime ses enfants et qui nous fait devenir, en Jésus, frères les uns des autres.

Ce que chacun vit retentit sur la vie des autres. Dieu nous appelle à aimer nos frères, à nous mettre au service de l’homme et à l’aimer concrètement.

L’Évangile est sans équivoque : Tu aimeras !                                            

«  Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée…
Et tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22,37,39). »

          Cette primauté de l’amour, c’est bien la révolution que nous, chrétiens, nous devons apporter : choisir de vivre la charité avant tout !

Et vient aussi l’appel du Christ à une vie de communion : "Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé".

C’est un signe majeur de la foi chrétienne. Ce n’est  rien de moins que la relation au sein de la Trinité, la relation d’Amour entre le Père, le Fils et l’Esprit saint.

C’est à cette relation d’amour, à cette relation de communion que nous sommes appelés, un amour qui nous appelle à atteindre la réciprocité qui conduit à une vie de communion. C’est la loi de l’amour que Jésus a apporté sur la terre. C’est la vie de la Trinité, qu’il nous faut essayer d’imiter … avec la grâce de Dieu … en nous aimant les uns les autres, comme les trois personnes de la Trinité s’aiment entre elles.

C’est ce que nous souhaiterions pouvoir vivre ensemble aujourd’hui.

 

Pôles d’alliance et primauté de la charité

 

Après cette riche matinée d’échanges et de témoignages, nous revenons à la question initiale : « Quels liens peut-on percevoir entre la mission en pastorale de la santé, la notion d’équipes en aumônerie hospitalière ou en EHPAD et les pôles d’alliance ? »   

        Tout d’abord: Qui parmi vous se pense bien au courant de cet appel de notre évêque à une conversion ?  (Bref petit sondage à main levée : 5 mains se lèvent sur 70 personnes)

Ce serait un peu long de reprendre la totalité de ce qu’a dit Mgr Batut sur la notion d’alliance. De façon extrêmement synthétique, quelques citations de ses propos :

"Pour que l’Église soit l’Église, il faut que Jésus soit visible en elle : « Là où 2 ou plus sont réunis en mon nom je suis au milieu d’eux ".     

"Pour que Jésus soit visible en elle, il faut que ses membres ne se contentent pas d’être d’honnêtes gens dans la bonne moyenne, mais qu’ils désirent ardemment devenir son «image» par une vie semblable à la sienne. "       

"La première condition de l’évangélisation, c’est que les chrétiens vivent plus intensément leur vie chrétienne. C’est le sens de l’appel de Jean-Paul II : «… ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! » " 

"À la base de tout, une conversion, des changements de vie… avec une vie personnelle plus unifiée, et un engagement à la suite du Christ plus soutenu par des frères et des sœurs.

Cela suppose que des chrétiens acceptent : d’apporter des changements significatifs à leur mode de vie actuel, de se rassembler pour se soutenir mutuellement dans ces choix de vie et
de faire bénéficier de ces changements personnels et collectifs l’Église tout entière, à travers son incarnation locale (la paroisse), et en mettant à sa disposition une partie de leur existence."

"À titre provisoire, je donne à ces rassemblements le nom de « pôles forts de vie chrétienne » ou encore de « pôles d’alliance » : leur objectif est en effet de rendre visible l’alliance de Dieu avec les hommes à travers des personnes qui vivent l’alliance dans leur état de vie et qui entrent en alliance les unes avec les autres pour la vivre ensemble et pour donner envie à d’autres de la vivre. Si ces personnes s’aiment, d’autres le comprennent …"

_________

Après ce bref rappel des pôles d’alliance, revenons à ce double appel de notre évêque dans sa conclusion de l’assemblée diocésaine : "Se relier à l’Amour" et " donner un témoignage de communion fraternelle. " Ce sont en effet les 2 messages clés que nous avons retenu comme important pour cette journée. Restons fidèles à ces 2 points.

C’est "Se relier à l’Amour" qui permet la communion. Je vais donc vous dire un mot sur l’essentiel de la conversion qui, me semble-t-il, nous est demandée, sur la condition de cette alliance à laquelle nous sommes invités, je veux parler de la primauté de la charité qui est bien souvent pour nous le plus difficile à vivre …

Le Pape François a magnifiquement commenté l’hymne à la Charité de St Paul. Ce serait trop long d’en parler maintenant mais méditez ce texte. C’est une merveille pour tous.

Mais aujourd’hui, je vais m’appuyer plutôt sur les propos du Cardinal F.X. Nguyen Van Thuan, ancien archevêque coadjuteur de Saïgon, qui a passé 13 ans en prison au Vietnam avant d’être expulsé et de devenir à Rome président du Conseil pontifical Justice et Paix. Sa cause de béatification est en cours et il est aujourd’hui déclaré "Vénérable".

En décembre 1999, Jean Paul II l’a appelé, lui demandant de prêcher les exercices spirituels de la Curie romaine, de donner son expérience et de la publier, ce qui fut fait dans son livre : « Témoins d’espérance ».

Il y développe les "caractéristiques de l’amour trinitaire en ces termes :

" Contemplons ensemble les 5 éléments caractéristiques de l’Art d’aimer, art que Jésus nous enseigne et qui est la source de la splendeur et de l’attrait de la vie chrétienne :

 

1-Aimer en premier

L’amour de Dieu que Jésus, par le don de son esprit, a semé dans nos cœurs, est un amour complètement gratuit, comme celui de Dieu. Un amour qui aime sans rien attendre en retour.

Un amour qui aime, pas seulement parce qu’il est aimé, ou pour tout autre raison même bonne, comme l’amitié humaine. Un amour qui ne regarde pas si l’autre est ami ou hostile, mais qui aime en premier, en prenant l’initiative. Alors que nous étions encore pécheurs, indifférents et incapables de reconnaissance, le Christ est mort pour nous (cf Rm5,8).  « Il nous a aimé en premier » dit Jean (1 Jn 4,19), et c’est ce que nous devons faire nous aussi.     « N’attends pas d’être aimé de l’autre, mais toi vas de l’avant et commence », recommande Jean Chrysostome.

2-Aimer tout le monde

Afin de faire resplendir l’amour qui vient de Dieu, nous devons aimer tout le monde, sans exclure personne. « Soyez les fils de votre Père qui est aux cieux, car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons ! » nous dit Jésus (Mt 5,45).

Nous sommes appelés à être de petits soleils à côté du soleil de l’Amour qui est Dieu. Alors tous sont les destinataires de notre amour. Tous ! Pas un « tous » idéal, formé de toutes les personnes au monde que nous ne rencontrerons peut-être jamais, mais un « tous » concret :  

Mère Teresa disait : « Pour aimer une personne, il faut s’approcher d’elle... Je ne soigne jamais les foules mais seulement les personnes. »

Chaque prochain me donne l’occasion d’aimer le Christ qui par son incarnation s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. [1] Et « De même qu’une seule hostie suffit, parmi les milliards d’hosties sur la terre, à nous nourrir de Dieu, de même un seul de nos frères, celui que la volonté de Dieu place à nos côtés, suffit pour nous faire rentrer en communion avec l’humanité, qui est Jésus mystique. »

3-aimer nos ennemis

Une caractéristique toute particulière de l’amour chrétien est l’amour envers les ennemis, souvent incompréhensible pour celui qui ne croit pas. "

Mgr Van Thuan en sait quelque chose. Il raconte un épisode de ses 13 années de prison :

" Un gardien de prison m’a un jour demandé :

- Est-ce que vous m’aimez ?

- Oui je vous aime.

- Mais nous vous avons gardé en prison tant d’années, sans jugement, sans

condamnation, et vous nous aimez ? C’est impossible ! Ce n’est peut-être pas vrai !

- Voilà de nombreuses années que je suis avec vous, vous le voyez bien, c’est vrai.

- Quand vous serez libérés, vous n’enverrez pas vos fidèles brûler nos maisons et tuer

les membres de nos familles ?

- Non, même si vous voulez me tuer, moi je vous aime.

- Mais pourquoi ?

- Parce que Jésus m’a appris à aimer tout le monde, même mes ennemis. Si je ne le fais pas, je ne suis plus digne d’être appelé chrétien.

- C’est très beau, mais c’est difficile à comprendre.

   Jésus a beaucoup insisté sur cet aspect de l’amour chrétien et ce n’est qu’avec cette attitude du cœur que l’on peut vraiment faire la paix sur la terre : « si vous aimez ceux qui vous aiment... si vous saluez seulement vos frères... les païens n’en font-ils pas autant ? Mais moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent » (Mt 5,46-47. 44).

4-Aimer en donnant sa propre vie

Jésus est Dieu, et son amour ne peut qu’être infini comme Dieu. Ce n’est pas un amour qui donne quelque chose mais il se donne lui-même : « après avoir aimé les siens... il les aime jusqu’au bout » (Jn 13,1).

Jésus a tout donné, sans réserve : il a donné sa vie sur la croix et il a donné son corps et son sang dans l’eucharistie. Voilà la mesure avec laquelle nous sommes appelés à aimer nous aussi : prêts à donner notre vie pour ceux qui travaillent avec nous ; prêts à donner la vie l’un pour l’autre.

5-Aimer en servant

Dans la majorité des cas, ce « donner la vie » que nous demande Jésus, ne s’accomplit pas dans l’effusion de sang mais dans le quotidien, par de nombreux petits gestes, en nous mettant au service des autres, même de ceux que, pour une raison ou une autre, nous laisserions volontiers de côté.

       On sait que, à la différence des autres évangélistes, Saint Jean, dans son récit de l’heure solennelle de la dernière cène, ne parle pas de l’institution de l’eucharistie mais c’est lui qui parle de Jésus qui lave les pieds de ses disciples et il leur dit : « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.» (Jn 13,15).

Servir signifie devenir « eucharistie » pour les autres, nous identifier à eux partager leurs joies, leurs douleurs, apprendre à penser avec leur tête, à sentir avec leur cœur, à «marcher dans leurs mocassins» comme dit un proverbe indien. "

J’ajoute que le cardinal n’a pas cité le 6° élément de cet art d’aimer mais il existe et le voici :

6-Aimer jusqu’à ce que l’autre, touché par cet amour, ait envie d’aimer à son tour …

Et là où un tel amour est présent et devient réciproque, alors Jésus est présent selon sa parole : « Là où deux ou plus sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux … »

Mgr Van Thuan termine son propos avec ces mots : " Nous ne pouvons pas conclure cette méditation sans tourner notre esprit et notre cœur vers la Vierge.

Marie est comme la lune qui reflète toute la beauté du soleil qui est Jésus, et tous ses sentiments, particulièrement son amour.

Hors de la sainte Trinité on ne trouve pas d’amour égal au ciel, pour aimer Dieu et l’humanité entière. Marie est la mère du bel amour. C’est pour cela qu’elle est tant aimée par le peuple chrétien et aussi par de nombreux non-chrétiens.

Nous ne pouvons pas mieux aimer qu’en nous unissant à l’amour très beau et très tendre de la vierge Marie, qui possède l’art d’aimer le plus exquis.

L’art d’aimer consiste à aimer comme Jésus (parce qu’il est amour).

L’art d’aimer consiste à aimer comme Marie.

L’art d’aimer nous fait aimer comme Thérèse de l’enfant Jésus qui a dit : « dans le cœur de l’Église, ma mère, je serai l’amour. »  "

 

 

L’essentiel pour une vie d’alliance

 (Conclusion - JM et L Beaufils)

Nous approchons de la fin de notre journée. Pouvons-nous répondre à la question initiale du lien entre mission, vie d’équipe et pôles d’alliance ?

La 1° lettre pastorale où Mgr Batut développait le projet initial avait quelque peu "bousculé" dans un premier temps nombre des chrétiens engagés du diocèse, suscitant en eux bien des questions et quelques inquiétudes. Mais, en présentant ce projet pour la première fois, il avait proposé aussi que ces pôles d’alliance s’inspirent des premières communautés chrétiennes et deviennent des « foyers d’amour ».

Concluant l’assemblée diocésaine du 30 septembre 2017, il nous invitait à " aider l’existant à se transformer de l’intérieur, à se vivifier, à se revivifier …/…

Son invitation à "Se relier à l’Amour et à donner un témoignage de communion fraternelle " constitue, me semble-t-il une belle définition d’un pôle d’alliance, un bel objectif, un état d’esprit engageant pour nos communautés … Pas une super-structure !

Se relier à l’Amour, c’est revenir à cet "art d’aimer" auquel nous vous invitons :   

- «  Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée…                   

-   Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22,37,39),                

-  "Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé" et, lorsque cet amour entre nous est devenu si fort et réciproque, alors, soyons en sûr, Jésus lui-même est attiré par la concorde qu’il perçoit entre nous. Il est présent au milieu de nous.

Donner un témoignage de communion fraternelle, c’est rejoindre la prière sacerdotale de Jésus "Père que tous soient un …" et la vie trinitaire qui sont à la racine de ce propos.

C’est un point fort actuel de la vie de l’Église dont les conditions ont, me semble-t-il, été mises en lumière par St Jean Paul II lorsqu’il a publié sa lettre apostolique "Novo millenio ineunte", en janvier 2001.

Il y développe sa vision du 3° millénaire  et nous appelle à vivre une spiritualité de communion. La dynamique de conversion que nous propose Mgr Batut avec le projet de "Pôles forts de vie chrétienne" fait écho à cette invitation de Jean Paul II, comme cela transparait dans les extraits suivants [2] :

 

" Le grand défi qui se présente à nous, dans le millénaire qui commence, est de faire de l'Église la maison et l'école de la communion si nous voulons être fidèles au dessein de Dieu et répondre aussi aux attentes profondes du monde.

Qu'est-ce que cela signifie concrètement ? Ici, …/… le discours pourrait se faire immédiatement opérationnel, mais ce serait une erreur de s'en tenir à une telle attitude.

Avant de programmer des initiatives concrètes, il faut promouvoir une spiritualité de la communion, en la faisant ressortir comme principe éducatif partout où sont formés l'homme et le chrétien, où sont éduqués les ministres de l'autel, les personnes consacrées, les agents pastoraux, où se construisent les familles et les communautés. "

Ici Jean Paul II précise ce qu’il entend par là :

"…/… Une spiritualité de la communion consiste avant tout en un regard du cœur porté sur le mystère de la Trinité qui habite en nous, et dont la lumière doit aussi être perçue sur le visage des frères qui sont à nos côtés.

Une spiritualité de la communion, cela veut dire la capacité d'être attentif, dans l'unité profonde du Corps mystique, à son frère dans la foi, le considérant donc comme "l'un des nôtres", pour savoir partager ses joies et ses souffrances, pour deviner ses désirs et répondre à ses besoins, pour lui offrir une amitié vraie et profonde.

Une spiritualité de la communion est aussi la capacité de voir surtout ce qu'il y a de positif dans l'autre, pour l'accueillir et le valoriser comme un don de Dieu: un "don pour moi", et pas seulement pour le frère qui l'a directement reçu.

Une spiritualité de la communion, c'est enfin savoir "donner une place" à son frère, en portant « les fardeaux les uns des autres » (Ga 6,2) et en repoussant les tentations égoïstes qui continuellement nous tendent des pièges et qui provoquent compétition, carriérisme, défiance, jalousies. "

Enfin Jean Paul II nous met en garde, une mise en garde dont l’actualité reste forte aujourd’hui [3]: " Ne nous faisons pas d'illusions : sans ce cheminement spirituel, les moyens extérieurs de la communion serviraient à bien peu de chose. Ils deviendraient des façades sans âme, des masques de communion plus que ses expressions et ses chemins de croissance. …/… "

 

Deux textes à méditer 

Ces deux textes de Chiara Lubich sont directement en lien avec le thème évoqué :

     

  « Soyez une famille »

"si je devais quitter cette terre aujourd'hui et si l'on me demandait de dire une dernière parole pour exprimer notre idéal, je vous dirais, sûre d'être comprise avec exactitude : "soyez une famille".

Certains d'entre vous souffrent-t-il parce qu'ils traversent des épreuves spirituelles ou morales ? Comprenez-les comme et plus qu'une mère. Éclairez-les par la parole et par l'exemple. Ne leurs faites pas manquer la chaleur d'une famille, au contraire entourez les en le plus possible.

D'autres parmi vous souffrent-t-ils physiquement ? Qu'ils soient l'objet de votre prédilection ! Souffrez avec eux. Essayez de comprendre à fond leurs douleurs. Faites-les participer aux fruits de votre vie apostolique et qu'ils sachent qu'ils y ont contribué plus que d'autres.

Certains sont-ils sur le point de mourir ? Imaginez d'être vous-mêmes à leur place et faites pour eux jusqu'aux derniers instants tout ce que vous désireriez que l'on fasse pour vous.

L'un de vous se réjouit-il à cause d'un succès ou autre ? Réjouissez-vous avec lui pour que sa joie ne soit pas empreinte de tristesse et que son âme ne se renferme pas, mais que la joie soit partagée par tous.

Un autre doit il vous quitter ? Qu'il s'en aille en emportant en héritage seulement le sens de la famille qu'il communiquera là où on l'envoie.

Ne faites jamais passer une activité quelle qu'elle soit, ni spirituel, ni apostolique, avant l'esprit de famille qui doit régner entre les frères avec lesquels vous vivez.

Et, où que vous alliez pour porter l'idéal du Christ, vous ne pourrez rien faire de mieux que de chercher à créer, avec discrétion, avec prudence, mais résolument, l'esprit de famille. C'est un esprit humble. Il veut le bien des autres. Il ne s'enorgueillit pas : C'est...une charité vraie et parfaite.

Bref, si je devais vous quitter, je laisserais Jésus en moi vous répéter : "aimez-vous les uns les autres... Afin que tous soient un".

 

Le grand attrait des temps modernes

 

Voici le grand attrait

des temps modernes :

s’élever jusqu’à la plus haute contemplation

et rester au milieu des autres,

homme parmi les hommes.

 

Mieux : se fondre dans la foule

pour qu’elle s’imprègne de Dieu,

comme s’imbibe

le pain trempé dans le vin.

 

Mieux encore

associés aux desseins de Dieu

sur l’humanité,

tracer dans la foule des chemins de lumière

et partager avec chacun

les souffrances, les détresses,

les enthousiasmes, les joies brèves.

 

Voilà ce qui attire,

en notre temps comme en tous temps

Jésus et Marie, ce que l’on peut imaginer

de plus humain et

de plus divin

Jésus, le Verbe de Dieu, fils d’un charpentier,

Marie, le Trône de la Sagesse, mère de famille.

  

Chiara Lubich

 

[1] N.B. N’est-ce pas ce que chacun d’entre nous vit, en Pastorale de la santé, en rendant visite aux patients ou tout simplement à les accompagnant à un office, en leur portant la communion.

 

[2] Paragraphe 43 à 45

[3] De ce point de vue, je préfère le terme "Pôles forts de vie chrétienne", plus relié à la conversion demandée, plutôt que le terme "Pôles d’alliance" plus reçu comme immédiatement opérationnel …