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Diocèse de Blois

20e dimanche A - 20 août 2017

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1ère lecture : Is 56, 1.6-7

 

Ainsi parle le Seigneur : Observez le droit, pratiquez la justice, car mon salut approche, il vient, et ma justice va se révéler. Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour l’honorer, pour aimer son nom, pour devenir ses serviteurs, tous ceux qui observent le sabbat sans le profaner et tiennent ferme à mon alliance, je les conduirai à ma montagne sainte, je les comblerai de joie dans ma maison de prière, leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréés sur mon autel, car ma maison s’appellera « Maison de prière pour tous les peuples. »

Commentaire :

Au retour de l’Exil à Babylone, la question se pose de l’admission des étrangers au sein de la communauté israélite. Le prophète donne une réponse très ouverte en faveur de tous les hommes sans distinction : n’importe quel membre du genre humain peut accéder à la foi au Dieu d’Israël et entrer dans son Alliance à condition d’en observer les prescriptions religieuses et morales.

François Brossier

2ème lecture : Rm 11, 13-15.29-32

Frères, je vous le dis à vous, qui venez des nations païennes : dans la mesure où je suis moi-même apôtre des nations, j’honore mon ministère, mais dans l’espoir de rendre jaloux mes frères selon la chair, et d’en sauver quelques-uns. Si en effet le monde a été réconcilié avec Dieu quand ils ont été mis à l’écart, qu’arrivera-t-il quand ils seront réintégrés ? Ce sera la vie pour ceux qui étaient morts ! Les dons gratuits de Dieu et son  ppel sont sans repentance. Jadis, en effet, vous avez refusé de croire en Dieu, et maintenant, par suite de leur refus de croire, vous avez obtenu miséricorde ; de même, maintenant, ce sont eux qui ont refusé de croire, par suite de la miséricorde que vous avez obtenue, mais c’est pour qu’ils obtiennent miséricorde, eux aussi. Dieu, en effet, a enfermé tous les hommes dans le refus de croire pour faire à tous miséricorde.

Commentaire :

C’est la fin du développement de Paul concernant les juifs. Dans une formule audacieuse, Paul montre que juifs et païens se retrouvent dans la désobéissance à Dieu. Si la désobéissance des païens a conduit à la miséricorde, la désobéissance des juifs les conduira également à la miséricorde. Tout s’ordonne au salut des hommes, juifs et païens.

François Brossier

 

Evangile : Mt 15,21-28

En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! » Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

Commentaire :

Cet épisode a toujours surpris : comment comprendre que Jésus puisse traiter les païens de « chiens » même si le qualificatif de « petits chiens » vient atténuer la rudesse du terme ?

En fait, il faut bien comprendre le contexte dans lequel Matthieu rapporte cet épisode. Le gros problème de l’Église, composée au début uniquement de juifs, est de savoir si l’on peut vraiment y intégrer les païens sans pour autant nier que Jésus comble l’espérance du peuple juif. La réponse est double : oui, Jésus est venu pour les brebis perdues d’Israël ; et en même temps, il accueille les païens. La seule condition pour s’asseoir à la table de l’Église et y recevoir le pain des enfants, c’est de croire en Jésus Christ, le Seigneur. À ce point de vue, la Cananéenne est vraiment un modèle : elle reconnaît en Jésus le Seigneur et le Messie (fils de David) et ne se laisse pas démonter par la réponse première de Jésus. C’est pourquoi Jésus peut louer cette grande foi.

François Brossier