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Diocèse de Blois

4ème dim de Pâques - 22 avril 2018

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1ère lecture Ac 4, 8-12

En ces jours-là, Pierre, rempli de l’Esprit Saint, déclara : « Chefs du peuple et anciens, nous sommes interrogés aujourd’hui pour avoir fait du bien à un infirme, et l’on nous demande comment cet homme a été sauvé. Sachez-le donc, vous tous, ainsi que tout le peuple d’Israël : c’est par le nom de Jésus le Nazaréen, lui que vous avez crucifié mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts, c’est par lui que cet homme se trouve là, devant vous, bien portant. Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs, mais devenue la pierre d’angle. En nul autre que lui, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver. »

 

Commentaire :

Ayant guéri un infirme à la porte du Temple « au nom de Jésus », Pierre et Jean sont arrêtés et sommés de s’expliquer.  C’est la première fois dans le livre des Actes que la présence de l’Esprit est mentionnée avant un discours. Ainsi se réalise la promesse de Jésus (Lc 12,12).

Notons que Pierre ne dit pas que l’infirme a été guéri mais qu’il a été sauvé. Comme pour les miracles opérés par Jésus, les guérisons physiques ne sont que le signe visible du salut acquis par la mort et la résurrection du Christ..

Le kérygme est rappelé dans sa forme très brève : « lui que vous, vous avez crucifié, lui que Dieu a réveillé d’entre les morts. » L’annonce de la résurrection est accentuée par la métaphore de la pierre rejetée devenue pierre d’angle (Ps 118,22). Dans l’œuvre de Luc, le « Nom » équivaut à la présence vivante du Christ.

François Brossier

 

2ème lecture : Dans son amour, Dieu fait de nous ses enfants (1 Jn 3, 1-2)

Bien-aimés, voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas : c’est qu’il n’a pas connu Dieu. Bien-aimés, dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté. Nous le savons : quand cela sera manifesté, nous lui serons semblables car nous le verrons tel qu’il est.

 

Commentaire :

C’est l’affirmation du Prologue de l’évangile de Jean (Jn 1,12-13) : Mais à ceux qui l’ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Ceux-là ne sont pas nés du sang, ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme, mais de Dieu. C’est donc une réalité même si cela n’apparaît pas clairement. C’est pourquoi le monde formé de ceux qui n’ont jamais connu Dieu parce qu’ils n’ont pas connu le Christ est incapable de connaître que l’homme est né de Dieu.

Les chrétiens sont tendus vers la manifestation de leur véritable identité d’enfants de Dieu.

François Brossier

 

Evangile : Jn 10,11-18

En ce temps-là, Jésus déclara : « Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire n’est pas le pasteur, les brebis ne sont pas à lui : s’il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s’enfuit ; le loup s’en empare et les disperse. Ce berger n’est qu’un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos : celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur. Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

 

Commentaire :

L’image du berger peut faire sourire, surtout si l’on se souvient des images pieuses avec un Jésus efféminé, portant sur ses épaules une brebis.

Mais l’image biblique est tout autre. Le berger, dans l’ancien Israël, était un rude nomade et un vaillant guerrier. Repensons à David se battant contre un lion alors qu’il était berger. C’était une image traditionnelle pour parler des rois d’Israël. C’est cette image qui est en arrière plan de notre évangile et non une image bucolique ou pseudo-écologique ! Le berger est celui qui est en butte à l’hostilité du milieu ambiant. Au fond, c’est la Passion qui est en filigrane derrière cette image : « Le vrai berger qui donne sa vie pour ses brebis » est à lire en lien avec cette autre parole : « Ma vie, nul ne la prend, c’et moi qui la donne. » Jésus ajoute : « Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent. » À l’amour du berger se manifestant dans une connaissance personnelle, répond l’amour d’un peuple dont la connaissance est don de l’Esprit. L’évangile de Jean insiste beaucoup sur cette réciprocité de la connaissance et de l’amour qui trouve son origine dans les liens du Père et du Fils. « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés… Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. »

Et cet amour n’est plus limité à un peuple choisi : « J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie… ».

François Brossier