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Diocèse de Blois

6ème dim de Pâques - 6 mai 2015

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1ère lecture Ac 10, 25-26.34-35.44-48

Comme Pierre arrivait à Césarée chez Corneille, centurion de l’armée romaine, celui-ci vint à sa rencontre, et, tombant à ses pieds, il se prosterna. Mais Pierre le releva en disant : « Lève-toi. Je ne suis qu’un homme, moi aussi. » Alors Pierre prit la parole et dit : « En vérité, je le comprends, Dieu est impartial : il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes. » Pierre parlait encore quand l’Esprit Saint descendit sur tous ceux qui écoutaient la Parole. Les croyants qui accompagnaient Pierre, et qui étaient juifs d’origine, furent stupéfaits de voir que, même sur les nations, le don de l’Esprit Saint avait été répandu. En effet, on les entendait parler en langues et chanter la grandeur de Dieu. Pierre dit alors : « Quelqu’un peut-il refuser l’eau du baptême à ces gens qui ont reçu l’Esprit Saint tout comme nous ? » Et il donna l’ordre de les baptiser au nom de Jésus Christ. Alors ils lui demandèrent de rester quelques jours avec eux.

Commentaire :

Il n’était pas évident pour un juif comme Pierre d’ouvrir la prédication de l’Évangile à des païens. En effet, depuis sa plus tendre enfance, il avait appris à se garder de tout contact avec les païens considérés comme impurs, en particulier de manger avec eux ou de consommer des viandes déclarées impures par la Loi de Moïse. Il a fallu que l’Esprit le pousse à se rendre chez le Centurion Corneille et qu’une vision lui ait déclaré qu’il n’y avait pas d’aliments impurs aux yeux de Dieu. Arrivé à Césarée, Pierre commence par déclarer que Dieu ne fait pas de différences entre les hommes. Mais l’Esprit va le conduire à aller jusqu’à baptiser les païens. Avant même qu’il ait fini de parler, il assiste à une nouvelle Pentecôte, cette fois destinée aux païens. La réflexion de Pierre donne le sens de cette scène :
« Pourrait-on refuser l'eau du baptême à ces gens qui ont reçu l'Esprit Saint tout comme nous ? »

La mission auprès des païens peut commencer. Ce sera à Paul ne le mettre en œuvre.

François Brossier

2ème lecture : « Dieu est amour » 1 Jn 4, 7-10

Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés.

Commentaire :

Nous sommes là au cœur de l’enseignement de la lettre de Jean. L’amour vient de Dieu. Son amour s’est manifesté en plénitude par l’envoi de son Fils, mort pour nous sauver. Aimer, c’est donc rejoindre le cœur même de Dieu, c’est être enfant de Dieu.

Ce passage célèbre est souvent utilisé lors des funérailles chrétiennes.

François Brossier

 

Evangile : Jn 15,9-17

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

 

Commentaire :

Ce texte fait suite à celui de dimanche dernier, l’allégorie sur la vigne. Après l’invitation à demeurer comme des sarments attachés à la vigne, Jésus invite ses disciples à demeurer dans son amour. Le texte s’organise autour de deux formules parallèles :

- « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. »

- « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. »

St Jean utilise beaucoup la conjonction « comme » mais il est important de noter qu’elle n’a pas dans le 4ème évangile un sens purement comparatif mais exprime un véritable rapport de causalité. C’est pourquoi on pourrait paraphraser ces phrases clés de la manière suivante :

- Je vous ai aimés de l’amour même dont le Père m’a aimé.

- Aimez-vous les uns les autres de l’amour même dont je vous ai aimés.

Jésus rappelle de quel amour il a aimé et quel amour il attend de ses disciples : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »

Au fond, c’est un même courant d’amour qui va du Père au Fils et du Fils aux disciples pour que ceux-ci puissent à leur tour le donner. C’est pourquoi l’amour du prochain n’est pas seulement un commandement qu’il faut suivre, mais bien d’abord d’un don qu’il s’agit d’accueillir pour le partager : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis pour que vous partiez, que vous donniez du fruit et que votre fruit demeure. »

François Brossier