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Diocèse de Blois

15e dimanche B - 15 juillet 2018

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1ère lecture : Amos 7, 12-15

En ces jours-là, Amazias, prêtre de Béthel, dit au prophète Amos : « Toi, le voyant, va-t’en d’ici, fuis au pays de Juda ; c’est là-bas que tu pourras gagner ta vie en faisant ton métier de prophète. Mais ici, à Béthel, arrête de prophétiser ; car c’est un sanctuaire royal, un temple du royaume. » Amos répondit à Amazias : « Je n’étais pas prophète ni fils de prophète ; j’étais bouvier, et je soignais les sycomores. Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : ‘Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël.’ »

Commentaire :

Il y avait, auprès des rois, des prophètes patentés. On connaît par exemple Nathan, prophète de cour au service de David. Avec Amos apparaît un nouveau type de prophète, totalement indépendant du pouvoir royal.

Amos était originaire du royaume de Juda (capitale Jérusalem). Il était vraisemblablement un fonctionnaire royal chargé des troupeaux et des vergers du roi de Jérusalem. Amazias, prêtre du sanctuaire de Béthel dans le royaume d’Israël (capitale Samarie), ne voit pas ce que vient faire Amos à Béthel : il le prend pour un prophète de cour et lui demande d’aller prêcher chez lui à Jérusalem ; c’est là qu’il pourra gagner sa vie. Il n’a rien à faire dans un sanctuaire qui dépend du roi de Samarie.

Amos lui rétorque qu’il n’est pas au service du roi mais à celui de la parole du Seigneur. C’est de lui qu’il tient son ministère.

François Brossier

2ème lecture : Ep 1, 3-14)

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ. Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé. En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes. C’est la richesse de la grâce que Dieu a fait déborder jusqu’à nous en toute sagesse et intelligence. Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté, selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ : pour mener les temps à leur plénitude, récapituler toutes choses dans le Christ, celles du ciel et celles de la terre. En lui, nous sommes devenus le domaine particulier de Dieu, nous y avons été prédestinés selon le projet de celui qui réalise tout ce qu’il a décidé : il a voulu  que nous vivions à la louange de sa gloire, nous qui avons d’avance espéré dans le Christ. En lui, vous aussi, après avoir écouté la parole de vérité, l’Évangile de votre salut, et après y avoir cru, vous avez reçu la marque de l’Esprit Saint. Et l’Esprit promis par Dieu est une première avance sur notre héritage, en vue de la rédemption que nous obtiendrons, à la louange de sa gloire.

Commentaire :

Le début de la lettre aux Éphésiens est une grande louange sous forme de bénédiction. On bénit Dieu pour les bénédictions dont il a comblés ceux qui croient en Jésus Christ : il les a choisis en lui depuis la création du monde, il a fait d’eux des fils adoptifs par Jésus Christ, en lui il leur a pardonné leurs fautes, il leur a révélé les mystères de ses projets et leur a donné l’Esprit saint comme acompte de leur héritage.

La lettre aux Éphésiens fait ici une synthèse entre la vision du peuple de Dieu dans l’Ancien Testament et celle de l’Église qui trouve en Christ la plénitude de la vie divine.

N.B. L’expression « il nous a d’avance destinés » ne doit pas être comprise comme un destin implacable où tout est fait d’avance mais comme une vocation à être des fils en Jésus Christ.

François Brossier

Evangile : Mc 6,7-13

En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. « Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. » Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ. Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.

Commentaire :

Jésus envoie ses disciples en mission. Il les envoie deux par deux car la prédication ne peut être individuelle. Leur objectif est avant tout de s’opposer, comme Jésus, aux forces du mal. S’ils ne doivent rien emporter, c’est qu’ils ne doivent mettre leur confiance qu’en celui qui les envoie. L’exception du bâton et des sandales rappelle la pâque juive qu’on doit manger « sandales aux pieds et bâton à la main » (Ex 12,11) ; ainsi les disciples participent au nouvel exode inauguré par Jésus. L’interdiction de changer de maison et de s’incruster indique que l’acceptation ou le refus de la prédication des disciples reste libre : il n’est pas question de faire de la conversion forcée. De même que le refus des habitants de Nazareth n’a pu arrêter Jésus, de même les disciples sont invités à développer ailleurs leur mission.

François Brossier