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Diocèse de Blois

Et si le sport tuait l'esprit sportif ?

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Chronique du 29 juin 2018

ET SI LE SPORT TUAIT L’ESPRIT SPORTIF 

 

Depuis le jour où, dans mon journal quotidien, j’ai vu la photo de mon confrère Monseigneur Blaquart, évêque d’Orléans, posant aux côtés de son frère Bernard Blaquart, entraîneur de l’équipe de football de Nîmes, je n’arrête pas de me dire qu’il faudrait que je m’intéresse au Mondial de foot, et je m’en veux de ne pas y parvenir. Le problème, pour le dire tout de suite, c’est que le foot pour moi, c’est du chinois : je n’ai jamais réussi à bien comprendre les règles du jeu, et j’ai du mal à comprendre le plaisir qu’on peut avoir à regarder sur son écran des multimillionnaires en train de taper dans un ballon.

Pour augmenter ma mauvaise conscience, voilà que je reçois dans mon courrier un document romain traitant des « perspectives chrétiennes sur le sport et la personne humaine ». Dès lors, plus moyen de se défiler : même si le seul sport que je pratique encore consiste à enfourcher mon vélo pour me rendre à la Maison diocésaine, il faut coûte que coûte que je fasse l’éloge du sport. D’autant que le chapitre 3 du document, intitulé « importance du sport pour la personne humaine », énumère toute une série d’effets bénéfiques des pratiques sportives : créativité, fair play, sacrifice, joie, harmonie, courage, égalité, respect, solidarité, et pour finir « quête du sens ultime ». Pas de doute : l’addiction au sport vaut certainement beaucoup mieux que l’addiction au téléphone portable !

D’où vient alors que j’ai tant de mal à parler avec enthousiasme de la coupe du monde de foot ? Peut-être simplement de ceci : il n’y a finalement rien de tel pour vous empêcher de faire du sport que de vous installer devant un petit écran, une bouteille de bière dans une main et des cacahouètes à grignoter dans l’autre. Et dire que c’est ainsi qu’une bonne partie des supporteurs vont vivre le Mondial. Finalement c’est peut-être le Mondial (ou sa retransmission) qui risque de tuer l’esprit sportif, beaucoup plus sûrement que ma propre ignorance sur le sujet.