Après l'incendie de Notre-Dame de Paris — Diocèse de Blois

Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Diocèse de Blois

Après l'incendie de Notre-Dame de Paris

Add this
Chronique du 19 avril 2019

« Chers frères, ne jugez pas étrange l’incendiequi s’est allumé au milieu de vous pour vous éprouver ». Cette phrase de la première épître de Pierre (4, 12) est la seule dans le Nouveau Testament où nous trouvons le mot « incendie ». L’auteur de l’épître fait allusion à une persécution qui vient de se déclencher contre les communautés chrétiennes auxquelles il s’adresse. Il ne s’agit donc pas d’un feu matériel, mais le vocabulaire utilisé nous fait percevoir comment les épreuves qui nous affectent ont toujours entre elles des liens souterrains et mystérieux.

L’église est éprouvée, malmenée, et la cathédrale prend feu. « Il ne nous manquait plus que ça » me disait un prêtre. Il n’était pas parisien, mais il ressentait la catastrophe comme une blessure personnelle. Il n’était pas le seul : les anonymes auxquels les journalistes tendaient leur micro, sur le parvis Notre-Dame et n’importe où dans le monde, vivaient aussi l’événement comme un deuil qui les touchait dans leur chair, et sanglotaient en silence.

Certes, ce genre d’émotion est éphémère. Mais il révèle ce qu’il y a de plus beau peut-être dans le cœur humain. Tout à coup, les politiques font taire leurs discordes, la presse à scandale renonce à ses vaines investigations, riches et pauvres se déclarent prêts aux plus grands sacrifices. Tout cela pour un monument de pierre ? Non, pas seulement pour lui : pour les joies, les actions de grâce, les souffrances et les supplications d’un peuple qu’au long des siècles il a portées, et par les mains de Notre-Dame, fait monter vers le Dieu des miséricordes comme un immense orate fratres.

Cette même nuit où brûlait la cathédrale, j’ai fait un rêve étrange. Je me trouvais à Ars devant la maison de saint Jean-Marie Vianney. La fenêtre de la chambre rougeoyait, et je voyais à travers la vitre le lit du saint en train de brûler. En me réveillant, j’ai repensé à la parole du Curé d’Ars après que celui qui le tourmentait eut mis le feu à son lit : « Le Grappin a voulu avoir l’oiseau, mais il n’a réussi qu’à brûler la cage. »

Quelques minutes plus tard, j’apprenais que dans le désastre de Notre-Dame de Paris, le Saint Sacrement avait été sauvé.

 

Navigation